‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 2 sur 106 · TI PRÉFACE · texte numérisé non relu

TI PRÉFACE

bihan et l'expédUion de Quiberon, où la famille de Talhouët comptait cinq de ses membres, dont quatre y périrent.

L'émigration française en Espagne et le rôle des ecclésiastiques déportés qui s'y réfugièrent.

Cette dernière question, la moins connue de celles que j'indique, recevra peut-être quelque éclaircissement parle récit de la yie d'un exilé. — Rapprochée par les circonstances des péripéties de l'émigration, la condition des déportés: a une origine très différente et le caractère antirelir gieux qui a dicté les mesures de rigueur contre les prêtres fidèles entoure leur mémoire de Faur réole de la persécution. \ .:.-:.

Beaucoup d'ecclésiastiques jetés en exil pour leur fidélité aux maximes de l'Église passèrent en Angleterre, ou en Allemagne, et là, un peu perdus dans la masse des émigrés,, ils ont été aussi confond us avec eux. — D'autres trouvèrent un asile auprès du Père commun des fidèlesi jusqu'au jour oii la Révolution les cbassa de ce refuge momentané. — Là majorité s'en vint éh Espagne, parla double raison que ce royaume^ au mois d'août 1792 (époque du décret de déportation), était à peu près le seul pays qui eût conservé avec la France des relations diploma^ tiques, et que la foi de ses habitants devait être

PRÉFACE m

une garantie de sécurité, une espérance de bon accueil pour tous ces prêtres à qui les choses les plus nécessaires de la vie manquaient brusquement.

Et cependant, cette phase des annales religieuses de la Révolution est la moins étudiée, à peine est-elle connue * ; l'attention s'est concentrée surl'Angleterre, foyerdela coalition européenne, et sur l'Allemagne, où se déroulaient les péripéties de la lutte. Des monographies viendront peut-être servir d'éléments pour une histoire générale de l'émigration en Espagne.

C'est en partie le but de celle-ci.

Son ambition serait de fortifier les âmes en fixant les traits d'un « confesseur de la. foi » : car, heureusement pour les timides et les faibles, le sacrifice sanglant de la vie n'est pas le seul qui soit appelé à la récompense : l'abnégar tion modeste, le devoir quotidien, les « petites vertus » en un mot ont aussi leur mérite, leur couronne et leur gloire. Qui sait même si cette

1. Je veux faire une exception pour les articles publiés par le R. P. Delbreldans les Études Religieuses des mois de septembre, octobre, novembre i891, au moment même où je venais d'achever la Vie de M. de Talhouët. Ce travail, de tout point excellent, amis en œuvre, bien des documents inédits et tous les renseignements e'pars çà et là dans les ouvrages antérieurs.

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