CHAPITRE III
J'ai à peine besoin de déclarer, en commençant, que ce n'est que pour la clarté de mon exposition que j'ai divisé mon sujet, et étudié séparément, d'une part, l'inutilité des purgations, d'autre part leurs dangers. En réalité, le fait seul que les purgations sont inutiles suffirait déjà pour en faire affirmer le danger. Car il n'est rien d'indifférent dans les choses de la vie : aussi bien pour ce qui est du monde physique que du monde moral, c'est une loi inéluctable que «toute faute se paie ». Gardons-nous de croire l'ancien adage proclamant que « tout est sain pour les gens sains » : c'est là une erreur, et qui, ellemême, n'est pas sans danger. Tout au plus pourrait-on dire que « tout paraît sain chez les personnes saines ». S'il y a des personnes d'une santé si heureuse qu'elles semblent résister aux chocs les plus violents, n'en concluons point que ces chocs soient sans contre-coup sur l'état pré-
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sent, OU surtout futur, de leur santé : les chocs même les plus bénins en apparence ont, chez elles, comme chez nous tous, des répercussions pouvant s'étendre à Finfini. Toute faute contre ce qui est dans Tordre se solde par une diminution du précieux capital de vie que chacun de nous apporte en naissant. Tel homme, que nous envions pour la belle carrière qu'il a parcourue jusqu'à soixante ans, aurait pu la parcourir pendant dix ans de plus, s'il n'avait pas commis une foule de délits divers contre Thygiène, délits minimes, aussitôt oubliés, n'ayant produit aucun mauvais effet apparent, mais n'en comportant pas moins leur part de sanction.
Ainsi, il est nuisible de donner inutilement un purgatif, serait-ce à un homme tout à fait bien portant, et si même ce purgatif ne semblait pas lui causer le moindre dommage. Jusque chez l'homme le mieux portant, jamais l'emploi d'un purgatif n'est complètement inoffensif. Examinons d'un peu près ce qui se passe chez lui : nous découvrirons que le purgatif n'a pas été sans le rendre un peu mal à Taise ; pour quelques jours, tout au moins, il lui a occasionné une perturbation générale, se traduisant, en plus de la diarrhée, par un sentiment de lassitude, quelque courbature, des urines plus chargées, et, invariablement, —
symptôme plus grave — une constipation ultérieure de quelques jours. Ce purgatif, que Ton s'imagine avoir été tout anodin, en fait a rendu « la santé malade », suivant la pénétrante expression de Montaigne.
Mais combien plus appréciables, à la fois, et plus profonds, deviennent les méfaits d'un purgatif donné à un sujet déjà malade 1 C'est ici que se trouve bien confirma ce principe de biologie générale : que, plus l'homme est malade, plus il est vulnérable. Voyez, par exemple, cette jeune fille épuisée parla névrose ! De celle-là, on pourrait presque dire que tout lui fait du mal : une conversation suivie, une promenade en voiture. Chez elle, le moindre écart de régime, la moindre prise d'aliments qui ne s'accorde pas avec les aptitudes présentes de son estomac^ amène une recrudescence de diarrhée ou de constipation. Essayez donc de la purger, si légèrement que ce soit : vous provoquerez un désastre certain. Entre ces deux extrêmes,- — entre l'homme bien portant qui semble devoir subir impunément les plus grands assauts, et dont, en d'autres termes, le système nerveux a une élasticité énorme, d'une part, et, de l'autre, le « malade», qui ne supporte rien, dont le système nerveux réagit formidablement aux moindres impres-
sions, — tous les intermédiaires sont possibles ; mais toujours s'applique le principe que je viens d'énoncer : nous sommes d'autant plus vulnérables que nous sommes plus malades. Et ce principe suffirait, à lui seul, pour me dispenser de fournir des exemples à Tappui de ma thèse sur les dangers de la purgation. Plus le patient est épuisé, surtout quand c'est Testomac et l'intestin qui sont, chez lui, le siège de troubles morbides, plus il est évident que les purgations lui sont dangereuses. En toute circonstance, le mal produit est une résultante dont les deux éléments composants sont la vulnérabilité du sujet et la puissance de l'agent vulnérant; et l'intensité de chacun de ces éléments peut varier de o à rinfini. De telle sorte que, chez un malade donné, la résultante morbide d'une purgation comporte une infinité de degrés possibles, depuis le simple malaise jusque la sidération complète du système nerveux, d'après le plus ou moins de faiblesse du sujet et le plus ou mtoins de force de l'agent vulnérant.
Je noterai d'abord que, même chez l'homme le mieux portant, un purgatif très violent peut produire une véritable intoxication. Que cet homme absorbe, par erreur, 10 grammes d'aloès
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OU une cuillerée à café d'huile de Croton, sa santé n'y résistera point, si solide qu'on la suppose. Mais ce sont là des accidents qui, me dira-t-on, appartiennent plutôt au domaine de la toxicologie ! Soit : prenons donc maintenant un homme bien portant qui, volontairement, pendant plusieurs jours de suite, absorbe une dose classique d'un agent purgatif! Voici un cas qu'il m'a été donné d'observer, et que je vais transcrire d'après mes notes :
M. V..., de Boulogne-sur-Seine, avait, depuis une dizaine d'années, l'habitude de se purger tous les quatre ou cinq mois. Le i3 mars 1907, se trouvant dans un état de malaise plus marqué que d'ordinaire (flatulences, gaz, perte d'appétit, insomnie, légère constipation, etc.), il se purge avec une bouteille de Vichy purgatif. Le lendemain, n'ayant pas eu de selle, il se purge de nouveau ; le surlendemain, voyant augmenter son malaise, il fait appeler le docteur X... qui lui donne 3o grammes de sulfate- de soude et 3o grammes de sulfate de magnésie, sans rien savoir des purgations précédentes. Cette fois, il obtient une débâcle énorme, mais qui, naturellement, est suivie d'une reprise de la constipation ; et cette constipation est si tenace que, les jours suivants, malgré une purge prise le 18 et
une abondante série de lavements, l'évacuation n'amène que des mucosités sanguinolentes, accompagnées de violentes coliques. Si bien que, le 21 à midi, mon confrère vient me chercher, persuadé que son client a une obstruction intestinale. Je trouve un homme en proie à des douleurs abdominales terribles : Turine est rare et chargée, l'intensité des douleurs, l'opiniâtreté de la constipation paraissent bien légitimer le diagnostic du docteur X... et justifier l'intervention chirurgicale qu'il propose. Mais comme le malade ne me présente ni I e pouls ni le faciès péritonéaux, comme ses coliques sont intermittentes, et qu'il ne vomit point, Tidée me vient que, peut-être, il ne s'agit là que d\ine sorte de trau^ 7/?a/w/»e intestinal, provoqué par les purgatifs et les lavements. Nous prescrivons donc la diète hydrique, pendant vingt-quatre heures, un bain d'une heure à 35*, puis de larges cataplasmes sur le ventre, mais surtout une abstention absolue de toute tentative directe contre l'intestin. Dès le soir, grande amélioration, disparition presque complète des coliques ; et, le lendemain matin, une selle spontanée, énorme, pâteuse, avec des glaires non sanglantes ressemblant à du frai de grenouilles, témoignage irrécusable de l'état d'irritation de l'intestin. Le aS, deux petites
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selles spontanées ; le 24, une forte selle diarrhéique ; et puis, dès le 25, des selles normales quotidiennes, sans glaires ni fausses mem« branes. Depuis lors, tout rentre dans Tordre, Tétat général s'améliore à vue d'œil, et le malade reprend sa vie accoutumée.
Que serait-il arrivé si l'opération avait eu lieu ? Elle aurait été, pour le moins, inutile ; et, si elle avait entraîné la mort, — ce qui n'aurait eu rien de surprenant, étant donné Tétat général du malade, — la terre aurait recouvert Terreur et personne n'aurait été responsable... Mais le plus curieux de Thistoire est que, aujourd'hui encore, le malade et son entourage restent convaincus que si, au lieu de la diète et du bain , nous avions prescrit un autre bon purgatif, celui-là aurait fait merveille, et notamment aurait empêché la présence, dans les selles, de ces vilaines peaux et glaires, qui les ont vivement intrigués : ne se doutant point que ces peaux et ces glaires étaient la preuve que Tintestin de M. V... commençait sérieusement à se dépouiller, et uniquement sous Tinfluence des purgatifs et lavements antérieurs.
Même à dose minime, les purgatifs, s'ils sont longtemps prolongés, peuvent amener de graves désordres dans la santé. J'ai connu une malade.
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qui, croyant bien faire, avait pris chaque soir, pendant trois mois, un petit purgatif*. Chez elle, à rinverse du cas précédent, la purgation quotidienne avait provoqué une diarrhée chronique, et qui allait s'aggravant de jour en jour. La pauvre femme dépérissait à vue d'œil, et certainement serait morte si elle avait continué ce régime quelque temps de plus. Heureusement, je parvins à la débarrasser de sa désastreuse manie, et ainsi sa vie se trouva sauvée : mais sa santé, depuis lors, ne s'est jamais entièrement remise, tant le ravage des purgations avait été meurtrier. Son intestin, en particulier, est resté d'une susceptibilité extrême ; c*est sur son intestin que, maintenant, se fait sentir le contrecoup de tous les chocs qu'elle subit, matériels ou moraux. Elle qui, jadis, était foncièrement constipée, il suffit de la moindre émotion, du moindre coup de froid, pour que sa diarrhée reparaisse.
Mais ce cas, de même que le précédent, a un caractère exceptionnel, et je ne prétends point
lé Cette dame avait soin de varier les purgatifs, ayant remarqué que chacun d'eux, quand elle en continuait l'usage pendant cinq ou six jours, perdait une bonne partie de son î*fficacité.
Sa LA PURGATION
les donner en exemple des mauvais effets ordinaires de la purgation. Ce qu'il y aurait à citer, pour le moment, ce serait des cas beaucoup moins tragiques, mais beaucoup plus communs, oùTusage, même modéré, d'un purgatif a aggravé Tétat d'un malade, ou bien a retardé sa guérison, ou encore lui a valu de petites misères de toute sorte. En d'autres termes, il s'agirait de montrer les mauvais effets de la purgation banale, de celle que nous avons tous été instruits à estimer et à pratiquer, et qui est précisément celle dont j'^aurais le plus à cœur de déshabituer mes lecteurs. Mais, ici, j'avoue que je suis embarrassé de choisir, tant sont nombreux les faits que je pourrais citer. Je serais presque tenté de dire que, parmi les personnes d'une santé un peu chancelante que j'ai connues, il n'y en a pas une seule chez qui, une fois ou l'autre, l'emploi de purgatifs ou de lavements n'ait provoqué, sous telle ou telle forme, quelque accident fâcheux.
Par où je n'entends point que toutes ces personnes elles-mêmes reconnaissent la vraie cause de cet accident : car le respect de la sacro-sainte institution est si profondément ancré dans les esprits que, en présence des faits les plus convaincants, la plupart préfèrent nier l'évidence
que de flétrir d'un soupçon le bienfaisant purgatif. Ou bien, quand un malade se rend compte de l'effet désastreux d'une purgation, il accepte ce mauvais effet comme nécessaire ; et c'est presque comme s'il était heureux de pouvoir souffrir pour la purgation, et était reconnaissant à celle-ci du mal qu'il sait lui avoir été fait. J'ai eu, de cet état d'esprit, hier encore, un exemple si curieux que je ne résiste pas au désir de le citer.
11 s'agit d'un brave homme d'ouvrier, habitant la maison d'un de mes amis, et que je suis allé voir, sur la demande de mon ami, le 20 décembre dernier. Cet homme, âgé d'une cinquantaine d'années, est d'une santé délicate, mais sans tare importante. Le 12 décembre, sur le conseil de sa femme, il s'est purgé avec un sirop purgatif. Je lui ai demandé pourquoi il l'avait fait ; il m'a répondu que, depuis quelques jours, « il se sentait mal en train, avec des grattements dans la poitrine et un mauvais goût dans la bouche ». La purge a produit trois selles copieuses : mais le lendemain i3, l'homme a dû suspendre son travail, étant pris d'un fort mal de tète, avec vertiges, nausées, et apparition d'urines boueuses, Le i4, le i5, le 16, il a dû rester au lit, toujours avec les mêmes misères.
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Et comme la constipation, maintenant, s'y était jointe, il a pris, le 17, une nouvelle cuillerée du même sirop. Celle-là a achevé de le rendre malade. Quand je l'ai vu, le 20, il était au lit, avec SS^'g de température, le teint terreux, le ventre effondré, en un mot présentant tous les signes d'un désordre que j'ai vu très souvent se produire à la suite d'une purgation mal tolérée. Des soins appropriés ne tardèrent point à le remettre sur pied. Mais ce qui est remarquable, dans ce cas, c'est que, tout de suite et spontanément, M. A... m'a déclaré que tous les maux dont il soufTrait étaient bien le résultat de ses deux purgations : « C'est le sirop qui me travaille, me répétait-il avec un sourire de satisfaction ; je connais ces effets-là; chaque fois que je me purge, il en est de môme ! » Et j'ai eu beaucoup de peine à lui faire comprendre que son corps se serait fort bien passé d'être livré à ce « travail » du purgatif. Evidemment, il avait une vague idée que ses souffrances présentes lui seraient compensées, tôt ou tard, sous la forme d'un brillant retour de santé.
Mais, pour peu qu'on ait triomphé de cette suggestion, et qu'on se soit accoutumé à voir les choses telles qu'elles sont, c'est littéralement à chaque pas que Ton constate les preuves de la
nocuité des procédés d'évacuation artificielle ; et, cela étant, on concevra que je me trouve en peine de signaler tel cas plus tôt que tel autre, parmi la masse de ceux dont le souvenir se présente à moi. Mieux vaut m'en rapporter, sur ce point, à la bonne foi et au bon sens de chacun, pour découvrir, dans son expérience propre ou dans celle de ses proches, des cas où quelques cuillerées d'huile de ricin, dirigées contre un petit état gastrique, ont sensiblement aggravé cet état au lieu de le faire disparaître ; où vingt centigrammes de calomel, donnés à un enfant légèrement constipé, ont été suivis d'un ou deux jours de fièvre, avec tous les symptômes d'une petite entérite; où un verre de Janos, après avoir produit la selle désirée, a occasionné un malaise vague, de la courbature, un état général de fatigue et de dépression. On s'est purgé sans avoir recours au médecin, souvent pour éviter d'avoir recours à lui, et voici que, deux jours après, on a été forcé de le faire venir ! On a voulu se défaire d'une constipation tolérable, au moyen d'une purge : et la purge a d'abord agi, mais voici que, les jours suivants, la constipation a reparu, avec coliques et perte d'appétit!
Oui, ce sont là des accidents quotidiens, qui
ne passent inaperçus que parce qu'on s'obstine à ne pas les voir, et qui peuvent être insignifiants en apparence, mais n'en constituent pas moins des brèches au précieux et fragile rempart de notre santé ! Et parfois il arrive que ces accidents, sans qu'on sache comment ni pourquoi, revêtent tout à coup un caractère plus sérieux, transformant une indisposition en une vraie maladie : soit que le purgatif se montre directement comme la cause des désordres produits, ou qu'il en soit simplement l'occasion, à la manière de ce petit cristal qui, projeté dans une solution sursaturée, provoque aussitôt la cristallisation de toute la masse liquide. Ce sont quelques cas de ce genre que je vais citer, afin de montrer en eux, pour ainsi dire agrandis et mis au point de notre vue, les dangers ordinaires de la purgation :
M"*® B... avait été prise, à l'âge de cinquante ans, en mai 1890, d'un embarras gastrique non fébrile, qu'elle avait entretenu, pendant plusieurs semaines, au moyen de purgatifs et de lavements : mais quelques jours de diète et de repos, et surtout la suppression des purgations incendiaires, l'avaient assez vite rétablie. Un sage régime, toujours suivi depuis lors, lui avait même donné une santé qu'elle rie s'était encore
jamais connue; et ainsi elle passa dix-sept ans sans avoir, une seule fois, à me faire appeler. Mais voici que, vers la fin d'août 1907, sous l'influence de préoccupations et de fatigues insolites, elle se trouva reprise d'état gastrique avec constipation ; et, comme j'étais absent de Paris, elle alla consulter un confrère qui l'examina avec le plus grand soin, et lui prescrivit le régime le plus parfaitement approprié à sa situation, mais en ajoutant qu'elle devait reconquérir, à tout prix, sa liberté du ventre. M"® B... se purgea donc, à six reprises, du 3 au 20 septembre ; en même temps, elle recourait aux lavements les plus variés : et le résultat fut que, à partir du 20, elle se vit dans l'impossibilité de sortir, avec perte absolue d'appétit, insomnie, troubles nerveux divers, vives douleurs d'estomac el de ventre, tout cela accompagné d'une constipation de plus en plus rebelle. Les lavements, désormais, ne produisaient plus chez elle aucun effet, et les purgatifs même n'agissaient qu'à des doses sans cesse plus fortes. Bref, les excellents conseils que mon confrère lui avait donnés au point de vue du régime, du repos, etc., avaient été annihilés par le fâcheux avis relatif à la « liberté du ventre ». Lorsque je revis M™*^ B..., dans les premiers jours d'octobre, les ravages
causés chez elle par la purgation avaient été si profonds que je me demandai d'abord si elle n'avait pas raison de craindre, comme elle faisait, un cancer de Testomac. Mais, fort heureusement, nous nous trompions, et c'étaient bien les efforts deM"*® B... pour «libérer son ventre » qui avaient été l'agent principal de sa pitoyable condition : car, cette fois encore, il suffit d'un peu de diète rigoureuse, de cataplasmes appliqués sur le ventre, et de l'abandon complet des purgations et des lavements, non pas certes pour rendre à la malade sa belle santé de naguère, mais pour améliorer très rapidement et très sensiblement son état* .
M"®X... avait, depuis trois ans, perdu sa belle santé antérieure. Sous l'influence de chagrins moraux, vocation contrariée, puis mariage manqué, etc., elle avait vu, progressivement, disparaître son appétit et ses forces. Les règles étaient devenues douloureuses, irrégulières, avec suspensions de deux et de trois mois. Le caractère avait changé. En un mot c'était une
I. Malgré les nombreuses leçons de son expérience précédente, U fallut à M"^® B... une énergie héroïque pour consentir ù rester constipée pendant les premiers jours de mon traitement, sans employer aucun purgatif. Si une selle spontanée n'était point survenue le huitième jour, sûrement ni mes conseils ni mes remontrances ne l'auraient empêchée de se purger de nouveau, et de s'exposer ainsi à voir son mal s'aggraver.
de ces malades que l'on rencontre trop souvent, et que Ton désigne sous le nom détestable de « neurasthéniques ». Or, un jour, son médecin, inquiet d'une constipation persistante, qui était Tun des symptômes presque normaux de sa maladie, crut bien faire de lui ordonner une purgation violente. Dès ce même jour, elle eut les selles désirées, et elle put s'imaginer guérie de sa constipation, car la diarrhée produite par sa purge persista, chez elle, pendant deux semaines. Mais il se trouva que, à partir de ce jour, son état général, qui jusqu'alors avait été simplement médiocre, s'aggrava dans des proportions considérables, et si sérieusement que cette malheureuse personne resta en très mauvais point durant vingt-cinq ans ! Durant vingtcinq ans, toutes les misères, qui jusqu'alors, ne s'étaient montrées que sous une forme bénigne, revêtirent une forme infiniment plus sérieuse ; et d'autres misères vinrent s'y ajouter, qui eurent poilr effet, en quelque sorte, de rayer cette pauvre femme de la vie commune. Aujourd'hui, après cinq années de soins, elle commence enfin à revivre ; mais elle reste si faible que la moindre marche, la moindre fatigue alimentaire l'anéantissent.
Non pas que je prétende attribuer à la pnrga-
tion la responsabilité d'un tel état de choses ! Évidemment, cette personne était déjà atteinte, il y a trente ans, lorsqu'elle s'est purgée; sa « maladie » couvait sourdement en elle, attendant une occasion pour éclater définitivement. Mais j'affirme que l'emploi d'un purgatif violent, et l'ébranlement nerveux qui en est résulté, ont été cette occasion, sans laquelle il se peut fort bien que la « maladie » soit demeurée toujours à sa phase embryonnaire, ou peut-être se soit dissipée, ainsi qu'elle est en train de le faire à présent. De ce cas, et de maints autres que je pourrais rapporter, il ressort clairement que, chez les personnes dont le système nerveux est mal équilibré, la purgation doit être tout particulièrement évitée. Très souvent, elle risque de déterminer des accidents qui ne seraient pas apparus sans son intervention, et qui retardent et rendent plus difficile la guérison du malade.
Pareillement, la purgation doit être évitée chez les personnes dont le foie est touché. Voici un exemple caractéristique des dangers qu'elle peut offrir, même dans un cas où le foie se trouve à peine effleuré :
M"*® B,.., gravement préoccupée par une maladie de sa mère, avait perdu depuis deux mois l'appétit, le sommeil, et était devenue constipée ;
«lie avait des coliques sourdes, la langue un peu chargée, et une très légère teinte subictérique, mais sans aucune fièvre et sans que Tétat général eût rien d'inquiétant. Pour lutter contre la constipation, un médecin, appelé en mon absence, prescrivit un verre de Janos. La constipation s'arrêta momentanément, mais, dès le soir, une fièvre ardente se déclara, et des phénomènes apparurent, qui simulaient la péritonite et ne laissèrent pas de m'inquiéter vivement : ventre ballonné, douleurs abdominales continues, vomissements, urines rares et difficiles à émettre, pouls petit, etc. Ce grand orage prit fin après quarante-huit heures : mais il fut suivi d'une prostration profonde, avec perte absolue d'appétit, redoublement de constipation, aggravation de la jaunisse, tous phénomènes qui persistèrent un mois environ. Puis, sous Tinfluence d'un séjour à la campagne, Tappétit et le sommeil revinrent, et je vis la constipation disparaître avec les autres symptômes. Si je m'étais acharné contre elle, et si j'avais renouvelé la malheureuse tentative de purgation, la maladie de M*°® B... aurait certainement pris une autre tournure.
Quand le foie est plus malade, le moindre usage des purgatifs présente des dangers bien
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autrement sérieux encore. Il y a, notamment, toute une catégorie d'affections mal définies, que nous appelons cholécystites, et dans lesquelles j'ai vu toujours l'état du malade s'aggraver profondément, sous l'effet de la purgation. Ce sont des maladies où le foie et les canaux biliaires sont évidemment intéressés, puisque Ton constate un peu de jaunisse, un peu de congestion du foie, un peu de sensibilité locale au toucher, des urines rouges foncées, encore que le symptôme dominant soit un état gastrique avec perte absolue d'appétit. Or il suffit souvent d'un purgatif, même léger, dans les cas de ce genre, pour qu'une maladie relativement bénigne, et pouvant disparaître en quelques semaines, se transforme en une maladie grave, avec une fièvre revêtant tous les caractères de la fièvre intermittente palustre. J'ai connu une dame M.., chez qui, dans de telles circonstances, un purgatif a produit un véritable arrêt des fonctions du foie ; et ce n'est que par miracle, à la suite d'un lavement contenant une macération de foie de porc, que je suis parvenu à remettre en activité ce foie, littéralement sidéré par la purgation.
Et si l'emploi des purgatifs est dangereux
LES DAxNGERS cji
lorsque le foie est intéressé, je ne crains pas d'assurer qu'il est plus dangereux encore lorsque c'est l'intestin qui est plus spécialement malade, c'est-à-dire dans les cas où la doctrine classique recommande surtout l'usage presque quotidien des purges, des lavements, etc.
Quand il n'y a que delà constipation, sans phénomènes morbides concomitants, les purgations n'ont pas seulement pour effet d'entretenir et d'éterniser cette constipation : elles finissent par irriter l'estomac et l'intestin, au point de produire souvent de l'entérocolite. Et ce n'est pas tout : le souci permanent et exclusif d'obtenir la « liberté du ventre » détourne le malade du véritable traitement qui lui conviendrait. A force de vouloir vaincre la constipation, on néglige de rechercher ses causes, et de remédier au mauvais fonctionnement général dont elle n'est qu'un indice. Et c'est ce que l'on fait encore lorsque, sous l'influence des purgatifs et lavements, ce mauvais fonctionnement général s'accentue et se traduit de jour en jour par des misères nouvelles, tandis qu'un régime sage aurait pu mettre tout en ordre, et, en rendant à l'ensemble son équilibre normal, faire disparaître, du même coup, la constipation. Aussi bien, la plupart de ces malades arrivent-ils, tôt
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OU tard, à se rendre compte, par leur expérience personnelle, de Tinutilité, voire même du danger, des évacuations artificielles : mais presque toujours ils s'en rendent compte trop tard, et lorsque déjà les évacuations provoquées ont laissé, dans leur intestin, des traces d'irritation désormais très difficiles à effacer, — sans parler du trouble, plus grave encore, qu'elles ont produit dans tout leur appareil nerveux. Combien j'en ai vu, de ces victimes de la purgation et du lavement, de ces ex-constipés qui, — sans le vouloir, certes ! — se sont condamnés à devenir des malades ! Et ce n'est pas à eux qu'il faudrait, maintenant, parler d'un purgatif, malgré la persistance de leur constipation : mais pourquoi n'ont-ils pas eu cette même prudence jadis, quand il leur aurait suffi, pour conserver la santé, de se résigner à une suspension passagère de la « liberté de leur ventre » ?
Dans Veiitérocolite^ quelles que soient ses causes, le danger de la purgation est spécialement manifeste. Je ne serais pas éloigné de penser que le jour est prochain où la théorie de la nature nerveuse de l'entérocolite ralliera tous les suffrages : mais, quoiqu'il en soit, c'est chose certaine que les émotions morales ont, à la fois sur l'origine et le développement de cette mala-
die, une inûiience énorme. J'ai vu, notamment, survenir une crise extraordinaire d'entérocolite chez une vieille dame arthritique, mais au reste assez bien portante, à la suite d'une mauvaise nouvelle apprise brusquement. Cette dame n'avait fait aucune imprudence de régime, ne s'était pas exposée au froid ; elle ne s'était pas non plus purgée, ni n'avait fatigué son intestin par des lavements : il était impossible d'attribuer à son entérocolite une autre cause que l'émotion morale. Pareillement, chez une personne souffrant d'une entérocolite chronique, j'ai remarqué, de la façon la plus nette, que les contrariétés, les préoccupations, amenaient invariablement une recrudescence du mal, avec sang et glaires copieuses dans les selles. Que si donc, sur un intestin malade, un choc émotionnel peut provoquer de telles perturbations, que sera-ce d'un choc matériel portant directement sur l'intestin, comme la secousse qui résulte inévitablement d'un purgatif ou d'une irrigation intestinale? L'expérience est, d'ailleurs, faite sur ce point, et la plupart des médecins, dès aujourd'hui, s'abstiennent de purgatifs violents dans tous les cas d'entérocolite. Mais, à i^^on avis, ils ont tort d'employer même les purgatifs les plus doux, une petite dose de calomel, les capsules d'huile
de ricin, etc. : tout cela ne fait qu'exaspérer l'irritation intestinale.
Semblablement, je crois bien que, dès aujourd'hui, bon nombre de médecins s'accordent à éviter avec soin les purgations chez les malades atteints dî" appendicite chronique^ ou simplement menacés de coliques appendiculaires. Quant à moi, je pose en principe que, chaque fois que l'appendice a témoigné d'une sensibilité particulière, l'emploi des purgatifs doit être absolument proscrit, sous peine des conséquences les plus fâcheuses. Entre une foule d'exemples des dangers de la purgation dans ce cas, en voici un qui me paraît caractéristique :
En 1906, un de mes malades, hivernant dans le midi, y ressentit pour la première fois l'atteinte d'une fièvre paludéenne, très tenace et très irrégulière, qui était destinée à récidiver, l'hiver suivant, avec une intensité extrême. Au premier accès, le malade, ignorant la nature de son mal, et constatant simplement, après la crise, une légère douleur au foie, se crut grippé, et appela un médecin local qui, aussitôt, lui prescrivit 5o centigrammes de calomel. Mon malade avait eu, l'année précédente, une petite atteinte d'appendicite^ qui déjà lui avait semblé:am«née.pàr un purgatif. Il se défendit donc de son mieux
contre la prescription nouvelle, mais en vain. Le médecin lui enjoignit de prendre lecalomel, V impératif àe la purgation en cas de grippe lui paraissant assez catégorique pour ne comporter jamais aucune exception. Le calomel provoqua une diarrhée assez forte, qui, d'ailleurs, suivant l'usage presque constant, fut suivie d'un renforcement de constipation : mais surtout cette petite prise de calomel raviva les douleurs de l'appendice, et, cette fois, ce n'est qu'à grand'peine, après plusieurs mois de repos et de régime, que le malade put échapper à une opération, longtenlps jugée nécessaire par un chirurgien.
Dans d'autres cas que je pourrais rapporter, l'emploi d'un purgatif a réveillé l'appendicite d'une façon plus tumultueuse encore. Mais j'irai plus loin : je suis convaincu qu'un violent purgatif peut faire éclater l'appendicite, et sous ses formes les plus sévères, chez des personnes qui n'ont jamais eu la moindre crise, et dont l'appendicite latente a toujours échappé à l'observation* Une jeune fille de dix-neuf ans : M"® K.., dont la santé avait toujours paru irréprochable, fut prise, un jour, d'un léger malaise abdominal, qui, véritablement, ne laissait voir aucun caractère inquiétant. Le médecin consulté lui prescrivit un purgatif pour le lendemain. Or, douze heures envi-
ron après Tabsorption du purgatif, se manifestèrent les phénomènes abdominanx les plus graves; et lorsque je fus appelé, le lendemain, je ne pus que constater une péritonite suraiguc, qui se termina bientôt par la mort. Je dois ajouter que, entre le moment où le purgatif fut prescrit et celui où il fut absorbé, les douleurs abdominales de la malade n'avaient aucunement fait mine de s'accentuer, et que la nuit s'était passée sans fièvre.
Que s'est-il produit ? Je Tignore, puisque Tautopsie n'a pas été faite. Mais, si j'avais eu à formuler un diagnostic, j'aurais hardiment adopté celui de la mère de M"® K. . , qui, dès les premiers signes de la péritonite consécutive à la purgation, . s'est écriée que sa fille était atteinte d'appendicite. C'est que le père de cette enfant était mort d'appendicite trois ans auparavant : il avait été, lui aussi, purgé le matin du jour où s'étaient déclarés les formidables accidents de la crise qui allait l'emporter. Et l'appendicite semble bien être, chez les K., une maladie de famille : car, quatre ans après la mort de la jeune fille, son frère, dyspeptique depuis plusieurs années, a été pris, à son tour, de coliques appendiculaires très nettement caractérisées. L'opération, chez ce jeune homme, a permis de cons-
later que, en effet, l'appendice était malade. Tout porte donc à supposer que c'est également à une appendicite qu'a succombé M"® K. ; et je ne prétends pointafïîrmerqu'elleyaurait échappé sans l'emploi du purgatif: mais il n'en reste pas moins certain que le purgatif a été l'occasion, sinon la cause, du brusque déchaînement de la maladie.
Aussi bien, d'une façon générale, le rôle funeste de la purgation consiste-t-il plutôt à être Voccasion que la véritable cause des affections graves de tel ou tel organe. Je ne dis nullement qu'un purgatif, même violent, ait de quoi faire naître de toutes pièces Tappendicite, ni une entérocolite chronique, ni une hépatite, ni une neurasthénie profonde et persistante : je dis que, souvent, une purgation allume ces maladies qui couvaient sourdement, les révèle, tandis qu'aucun signe ne s'en montrait jusque-là, transforme des candidats à ces maladies en des malades déclarés. Mais n'est-ce pas assez pour nous prouver le danger des purgations, et qu'il n'y a personne d'entre nous qui, plus ou moins, ne coure le risque d'en devenir la victime? Qui de nous est assez sûr de soi-même pour certifier qu'il n'a point quelque maladie latente, quelque organe fêlé, n'attendant qu'un choc pour se
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briser ? Et je ne prétends pas, non plus, que chacun de nous risque de mourir à la suite d'un purgatif, comme M'^® K., ou d'être condamné à une longue période d'inaction et d'infirmités, comme mon malade du Midi ou M"® X. Mais, encore une fois, les cas que j'ai cités sont des grossissements exceptionnels d'accidents qui se produisent tous les jours, dans des proportions plus restreintes. Tous les jours, à un degré plus ou moins fort, le danger des purgations se manifesterait, si Ton prenait l'habitude d'observer sans idées préconçues ; et j'essaierai tout à l'heure de démontrer que ce danger doit exister, qu'il ne peut pas ne pas exister, qu'il résulte forcément de l'action et du rôle de la purgation.
Gomme je l'ai dit déjà, et cornm^ on a pu le voir par tout ce qui précède, la mauvaise influence du purgatif se fait sentir d'autant plus que l'organisme est plus faible et plus vulnérable ; aussi n'est-il pas étonnant qu'elle soit plus particulièrement sensible aux deux extrémités de notre carrière : chez l'enfant et chez le vieillard.
Il est vrai que, chez Tenfant, ce mauvais effet de la purgation est, ordinairement, passager, et
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n'entraîne pas de suites bien graves : d'abord, parce que les doses employées sont, en général, modérées, et qu'il ne viendra à l'esprit de personne de donner à un enfant un purgatif violent, mais aussi parce que l'organisme de l'enfant est doué d'une élasticité énorme, qui lui permet de réagir très activement. Et cependant, combien fréquentes sont les secousses provoquées, chez les enfants, par la sacro-sainte pratique ! Je suis sûr que la clientèle des médecins qui s'occupent de l'enfance diminuerait des trois quarts sans la collaboration, éminemment purgative, des mamans, des grands-parents, peutêtre aussi du médecin de la famille.
Un enfant paraît un peu fatigué, a les traits tirés, se gratte le nez : vite, un purgatif ou un vermifuge ! Que si, avec cela, il a l'ombre de constipation, alors les petits purgatifs, les lavements, et les suppositoires se succèdent sans arrêt : sur quoi l'enfant devient de plus en plus constipé, perd son appétit, et voici que tout son monde s'inquiète, qu'on le supplie de consentir à manger, qu'on imagine des subterfuges pour lui faire avaler des jaunes d'œufs ou du jus de viande. Hélas ! l'enfant va de mal en pis, maigrit, commence à ne plus bien dormir ; et toujours la constipation va se renforçant, à moins
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qu'elle n'alterne avec de la diarrhée. Ce qui est le plus à souhaiter, pour cet enfant, c'est que cet état fâcheux aboutisse à une petite crise aiguë, avec fièvre, et délire : car c'est dans ce cas seulement, sous l'appréhension d'une méningite, ou d'une fièvre muqueuse, que le médecin et la famille renoncent enfin à leur système de gavage et de nettoyage forcés; on met l'enfant à la diète, au repos absolu, on lui donne des bains, et, au bout de quelques jours, la santé revient, avec cette rapidité fantastique qui est le privilège de l'enfance ; et il n'est pas impossible que, dans ce cas, un médecin avisé ouvre les yeux aux parents, et les décide à laisser en paix le système digestif de leur enfant. Ou bien encore, il y a l'entrée en pension, qui se charge de venir au secours dé l'enfant : personne ne s'y occupe plus de sa constipation, personne ne le bourre d'aliments reconstituants ; et, très vite, il retrouve la santé, et les parents sont tout heureux de penser que, malgré la pension, son vigoureux naturel aura pris le dessus.
Mais il n'en reste pas moins certain que, chez l'enfant, les misères provoquées parla purgation sont ordinairement d'un caractère assez bénin, même quand elles se manifestent sous la forme de ces maladies sans nom, faites de toutes pièces
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par l'ignorance et la sollicitude maternelles. Chez les vieillards, il en va tout autrement. Leur organisme, dépourvu de l'élasticité que possède celui de Tenfant, n'a pas la force de réagir autant qu'il faudrait, et souvent le choc produit par une purgation les trouble au point de les mettre en très grand danger.
Je garderai toujours le souvenir d'une vieille dame de soixante-quatorze ans qui, ayant traversé une grippe légère avec légère congestion pulmonaire, avait péniblement retrouvé sa petite santé antérieure, lorsque, deux mois après cet accès de grippe^ se sentant un peu plus constipée que d'habitude, elle avait eu l'imprudence de se purger, deux matins de suite, avec un verre de Janos. Le soir du second jour, elle eut de la diarrhée : mais, dans la nuit, elle se trouva saisie de coliques violentes, et entrecoupées de pertes de connaissance. Elle répétait à ses proches qu'elle sentait sa vie â'en aller ; et, de fait, le lendemain, elle est morte, tandis que rien n'aurait permis de prévoir cette issue fatale. Dirat-on que ce n'était là qu'une coïncidence fortuite, et que cette dame est morte simplement parce que, minée par la grippe précédente, elle était arrivée à la limite de sa réserve vitale? Je suis convaincu, pour ma part, qu'il y a eu autre
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chose qu'une coïncidence : ici encore, le purgatif n'a certes pas été la cause efficiente de la catastrophe, mais il en a été l'occasion, et c'est lui qui a contraint ma malade à user brusquement tout le reste de son capital de vie.
Autre cas. J'ai été appelé chez une dame de quatre-vingts ans, qui, pour une indisposition insignifiante, avait été purgée au calomel. Son médecin ordinaire m'a avoué qu'il n'avait prescrit les 5o centigrammes de calomel qu'un peu à regret, et pour répondre au désir unanime des enfants et petits-enfants de la malade ; en ajoutant que, lorsqu'il avait fait cette prescription, il n'avait pas trouvé chez la malade la moindre trace d'un état inquiétant. Le jour du purgatif, la dame avait eu deux selles copieuses ; mais, le lendemain, absence de selles, et état général de malaise, avec perte d'appétit et de sommeil ; le surlendemain, le malaise s'était aggravé, et, au, troisième jour, quand je fus appelé, la malade me déclara formellement, devant mon confrère, que c'était le purgatif qui, seul, était responsable de ses souffrances présentes. Je protestai de mon mieux contre cette accusation, — tout en n'étant pas éloigné de la croire légitime, au secret de mon cœur, — et, en tout cas, de très bonne foi, j'affirmai à la malade
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qu'elle allait se remettre de cette secousse, car vraiment elle n'avait aucune lésion appréciable du cœur, des poumons, ni de l'intestin. Mais les faits me donnèrent tort : la vieille dame ne se remit pas, et succomba le surlendemain, sans que l'on pût incriminer une complication quelconque.
Fort heureusement, les choses ne se passent pas toujours d'une manière aussi tragique ; mais je reste persuadé que, bien souvent, chez les vieillards, le purgatif produit une dépression générale qui aggrave les maladies et éternise les convalescences ; d'autant qu'on a l'usage d'employer, chez eux, des purgatifs assez violents, sous prétexte que l'inertie de leur intestin exige des stimulations énergiques. Parfois ce sont les vieillards eux-mêmes qui, se trouvant constipés, et sans avoir d'ailleurs aucune maladie proprement dite, prennent l'habitude de se purger régulièrement, à des., intervalles plus ou moins rapprochés : j'en ai vu cent fois qui, par ce procédé, se sont donné des crises gastralgiques, des vomissements, des vertiges, voire même des syncopes, pouvant faire croire à des poussées congestives, — toutes choses que, naturellement, ils se gardaient bien d'attribuer à la purgation.
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Dans ce rapide examen du danger et des méfaits de la piirgation, je n'ai pas insisté sur le plus ou moins de nocuité des divers agents purgatifs : mais, en vérité, c'est que je les englobe tous dans la même réprobation, et que, si j'avais à les classer, je le ferais en proportionnant leur danger au degré même de leur efficacité purgative. Sans compter que tous peuvent être plus ou moins dangereux, suivant la dose employée ou la fréquence des prises. Pourtant, il en est deux que je crois devoir signaler spécialement à l'attention du lecteur, parce qu'ils passent, dans le monde, pour être des purgatifs très doux, tandis qu'en réalité on ne saurait trop se méfier de leurs eff'ets. Tel est, en premier lieu, le calomel; sa bonne réputation lui vient de ce que, parfois, il est bien toléré, produisant le résultat voulu sans provoquer dans l'organisme une perturbation appréciable : mais dans d'autres circonstances, même aux doses classiques, il peut causer de véritables ravages, étant un agent essentiellement infidèle, irrégulier, et capricieux. De même encore Vhuile de rici/i^ dont les mauvais résulats manifestes sont moins fréquents, mais qui, jusque sous la petite dose d'une capsule, peut devenir très nuisible aux enfants et aux grands malades,
à l'usage desquels les capsules sont ordinairement réservées. — Mais, protestent les mamans, une cuillerée d'huile de ricin n'est pas un purgatif! — Et nombre d'entre elles s'obstinent à « ne pas purger leurs enfants », tout en leur donnant de ces innocentes cuillerées ; et elles se désespèrent de voir l'intestin de leurs enfants de plus en plus paresseux, leur appétit de plus en plus médiocre, leur sommeil de moins en moins régulier, l'altération progressive de leur caractère et de leur humeur.
D'autres purgatifs passent à bien plus juste titre pour des agents doux. Ce sont ceux qu'on appelle des laxatifs, des minoratifs^ des dépuratifs^ etc. Mais ceux-là même doivent être jugés avec sévérité, parce que leur innocuité apparente entraîne presque fatalement à multiplier leur emploi, ce qui, non seulement a le défaut de créer une servitude fâcheuse, mais finit, tôt ou tard, par produire des conséquences importantes, la répétition indéfinie de ces « purgations douces » ne pouvant manquer de fatiguer l'estomac et l'intestin.
Et ce que je viens de dire des purgatifs s'applique, de tout point, ici encore, aux irrigations intestinales. Souvent inutiles, elles peuvent être quelquefois dangereuses, surtout si elles em-
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primtent les propriétés du purgatif (lavements au séné, au sulfate de soude, etc.) ; et leur danger est d'autant plus grand qu'elles sont renouvelées plus fréquemment. Combien ne connaissons-nous pas de personnes qui, depuis des années, ne peuvent plus obtenir la ce liberté du ventre » qu'avec des lavements quotidiens, et entretiennent ainsi la constipation qu'elles s'acharnent à combattre ! Mais c'est particulièrement quand elles sont très copieuses que ces irrigations deviennent malfaisantes, ou quand elles sont rapides et brutales, comme dans le cas des douches ascendantes. Celles-ci, du moins quand on les fait pénétrer dans l'intestin, ne sont, en réalité, que des lavements déguisés ; et, au reste, je dois dire qu'elles commencent à tomber dans le discrédit qu'elles méritent. Au lieu des fortes pressions qu'il était d'usage d'employer naguère, on n'emploie presque plus, aujourd'hui, que des pressions minimes ; si bien que les personnes avisées remplacent les luxueux appareils des établissements hydrothérapiques par un simple bock^ laissant, en quelque sorte, baver le liquide qui pénètre dans l'intestin.
Cependant, les lavages à petite pression euxmêmes risquent d'être dangereux quand ils sont
répétés souvent, ou quand la quantité du liquide est trop abondante. J'ai encore devant les yeux le spectacle d'un malade qui, parce qu'il urinait très peu, comme il arrive chez les grands nerveux à certains moments, s'était vu infliger un supplice que la sombre imagination de Dante n'aurait pas inventé. Pour vaincre la paresse du rein, le médecin de cet infortuné patient s'avisa de lui introduire, avec une longue canule, et à très faible pression, autant d'eau que son intestin pouvait en supporter : 4 litres et demi furent ainsi versés avec toute la lenteur requise ; et, grâce à cette lenteur, ils ne furent point rendus par l'anus ; et, effectivement, les urines de la journée devinrent plus copieuses : mais ce fut au prix de souffrances atroces de tout le ventre, qui persistèrent jusqu'au lendemain, mirent notre nerveux dans l'état le plus pitoyable, et, certes, ne contribuèrent pas à hâter sa guérison.
Nos pères se contentaient, pour administrer les ce remèdes »> d'une canule courte, de telle sorte que le liquide introduit ne visitait que l'ampoule rectale, et la détergeait sans grand dommage* Depuis lors la science a fait des progrès^ et l'on a imaginé de longues canules portant le liquide détersif à 20, à 25 centimètres, afidessus de l'ampoule rectale : grâce à quoi on
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a pu laver l'intestin à grande eau, comme on lavait Festomac ; et c'est ce qu'on ne s'est pas privé de faire, pendant des années, en recommandant surtout cette pratique pour les petits enfants atteints d'entérite! Aujourd'hui, ces lavages à grande eau ont si universellement révélé leur danger, que la plupart des médecins y ont renoncé : mais plusieurs continuent à conseiller des canules souples, de 12 à i5 centimètres, assez longues pour que le liquide dépasse franchement l'ampoule rectale. Ils y renonceront bientôt, j'en ai la certitude, et par le seul eff'et de leur réflexion, sans avoir à attendre que l'expérience leur démontre le risque de toutes ces interventions, parfaitement inutiles. A la façon dont nous avons vu se produire, ces années dernières, la faillite des formes excessives du lavage intestinal, je suis sur que, très prochainement, tous les médecins se trouveront d'accord pour ne plus employer les irrigations qu'avec méthode et prudence, dans certains cas bien déterminés, où leur emploi exceptionnel peut avoir une utilité incontestable. Ainsi j'aurais mauvaise grâce à nier l'utilité du lavement huileux; il rend des services non douteux : mais encore faut-il qu'il soit donné avec discrétion, et exclusivement afin de
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lubrifier la muqueuse de la partie inférieure de rintestin. Quatre ou cin^ cuillerées d'huile d'olive suffisent pour obtenir ce résultat ; et point n'est besoin de donner 200 ou 3oo grammes d'huile, qui occasionnent des coliques et sont, en somme, mal tolérés.
Le modeste suppositoire doit-il être englobé dans notre condamnation de tous les agents d'évacuation artificielle ? Eh ! bien, oui, lui aussi peut être dangereux. Lorsqu'il n'est composé que de beurre de cacao avec un peu d'extrait de belladone, il n'est pas incapable de rendre parfois service aux constipés ^ Mais que ceux-ci se méfient du suppositoire à la glycérine ! Ce suppositoire est souvent irritant, et va jusqu'à provoquer, chez les grands nerveux, un état général de malaise accompagné de vives douleurs locales. J'en ai vu un exemple très net chez une dame âgée, qui, fort soucieuse de sa
I. Une mère de famille m'a indiqué, récemment, un genre de suppositoire dont elle affirme qu'il a toujours produit un excellent effet chez ses nombreux enfants. C'est une petite carotte bien raclée, introduite dans le fondement, pendant une heure ou deux. De la même façon, ^ne autre mère me dit avoir constaté que l'introduction du thermomètre dans le rectum de ses enfants avait pour résultat de hâter les selles. Voilà des moyens qui, certainement, ne peuvent faire aucun mal :. et je dois reconnaître que la plupart des suppositoires, sauf celui dont je vais parler tout à l'heure, ne méritent pas d'être traités beaucoup plus sévèrement.
santé, savait s'observer avec une grande finesse. Malade et constipée* depuis quarante années, elle avait eu véritablement recours à toutes les formes possibles d'évacuation artificielle, jusqu'au jour où un régime alimentaire très restreint Ta enfin guérie de sa constipation, et du nombreux cortège de misères qui accompagnaient celle-ci. Or, je me souviens que dans le pitoyable récit qu'elle m'a fait de ses longues années de luttes contre la constipation, cette personne m'a raconté le cas d'un suppositoire à la glycérine qui a été suivi de troubles assez graves, syncopes, nausées, etc., tous phénomènes qui, dans l'espèce, paraissaient bien n'avoir pas eu d'autres causes que l'emploi du suppositoire.
Le danger des purgations et de leurs succédanés, et la manière constante dont ce danger est en proportion, tout ensemble, avec le plus ou moins d'énergie évacuatrice de l'agent et avec le plus ou moins de vulnérabilité du sujet, tout cela ne nous est pas seulement démontré par l'expérience clinique de chaque jour : tout cela apparaît évident, et s'explique le plus naturellement du monde, si l'on veut -bien songer
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que toutes les interventions purgatives sont autant de chocs portant sur l'intestin, c'est-àdire sur un organe des plus sensibles et impressionnables, sur un organe qui présente une surface énorme, et qui, sans aucun doute, est le point de départ d'innombrables réflexes.
Tout le monde sait combien le titillement de l'intestin provoqué par le ver solitaire peut, chez l'homme le plus vigoureux, avoir des retentissements lointains, et causer des troubles imprévus et divers. Ceci étant, comment l'action d'un agent purgatif, au moins aussi agressive que celle du ver solitaire, pourrait-elle se produire sans provoquer, dans l'intestin et dans tout l'organisme, des effets analogues? Et, en vérité, elle les y provoque toujours à un degré quelconque, depuis le malaise passager de l'homme bien portant, qui échappe à l'observation médicale, jusqu'aux cas extrêmes dont j'ai donné, cidessus, quelques exemples typiques. Toujours une secousse brutale de l'intestin, ou une série de petites secousses fréquemment répétées, amènent ou entretiennent des troubles nerveux plus ou moins importants. Mais surtout ils les amènent chez les personnes dont le système nerveux est, d'avance, particulièrement vulnérable ; et, parmi ces personnes, chez celles dont le point le plus
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faible se trouve être le système nerveux de Tintestin : et ne sont-ce point précisément celles-là qui, elles-mêmes, s'imaginent le plus avoir besoin de purgation, et que Topinion commune est le plus portée à croire justiciables de la purgation ?
Ainsi l'intensité du choc produit par la purgation peut varier à Tinfini : mais l'existence de ce choc, d'un ébranlement plus ou moins profond et durable de l'intestin, et, par contre-coup, de l'organisme tout entier, est incontestable. Or le choc, quelle qu'en soit l'origine, est le facteur par excellence de tout ce que j'appelle « la maladie », — par quoi j'entends un fonctionnement défectueux du système nerveux, sans lésion organique. Qu'il s'agisse d'un traumatisme, d'un coup sur la tête, d'une chute occasionnant une fracture de l'épaule ou delà jambe, d'un empoisonnement voulu par le chloroforme, d'un empoisonnement accidentel par les champignons, d'une irritation lente et prolongée de l'estomac sous l'effet d'une nourriture mal appropriée aux exigences actuelles de cet organe ; ou bien encore qu'il s'agisse d'une émotion morale violente, ou de chagrins prolongés : tout cela, en plus de son action immédiate, frappe le système nerveux, le trouble, et le déséquilibre ; et dès
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lors « la maladie » s'installe, d'une façon plus ou moins apparente et bruyante, avec des symptômes plus ou moins localisés dans telle ou telle région, d'après les prédispositions de chaque individu, et d'après l'espèce de l'agent perturbateur. Et entre ces symptômes, infiniment variés, de « la maladie », l'un des plus fréquents est la constipation ^ De telle sorte que, voulant s'attaquer directement à ce symptôme, on ne fait qu'ajouter aux causes de « maladie » déjà existantes une cause de plus : on aggrave la constipation, bien loin de la guérir; et on risque encore, par surcroît, d'aggraver les autres symptômes morbides issus de la même cause, ou d'en faire surgir qui n'existaient point jusqu'alors.
Pour se convaincre de l'exactitude de cette affirmation, il suffît d'examiner le ventre d'un malade, ou même d'un homme bien portant, qu'on vient de purger énergiquement. D'une heure à l'autre, ce ventre s'affaisse. Le matin même, il était encore bien tendu, élastique, donnant à la
I. Cela est si vrai qu'un de mes amis, dont les selles avaient toujours été d'jine régularité merveilleuse, s'est trouvé brusquement constipé pendant trois jours par le seul fait d'une violente névralgie dentaire ayant duré quelques heures. — Pareillement, il est d'observation commune que le voyage en chemin de fera pour effet de constiper: c'est que, ainsi que l'a prouvé l'analyse des urines, le voyage en chemin de fer provoque toujours un léger ébranlement nerveux.
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percussion une sonorité musicale, avec note plus élevée dans la fosse iliaque droite : maintenant, après la purgation, il devient mou, il s'étale, et la percussion ne donne plus qu'un son sensiblement plus égal et plus assourdi. Que s'est-il donc passé ? Il s*est passé ce qui se passe quand l'organisme est frappé brusquement par un choc violent, par une blessure ou une chute, par une vive émotion morale, par une atteinte de choléra. Invariablement, toutes les influences dépressives se traduisent de la même façon ; toutes ont pour résultat de sidérer le système nerveux, et toujours cette sidération amène un effondrement subit de l'abdomen. En traversant l'intestin, la purgation y a laissé les mêmes traces, les mêmes signes d'un désordre profond, qu'auraient fait une émotion intense ou une chute du haut d'un cinquième étage.
Cet effondrement du ventre est beaucoup moins sensible, à la suite d'une purgation modérée. Mais lorsque la purgation, même la plus bénigne, atteint un sujet qui se trouve sur les confins de la faillite nerveuse, très souvent il arrive qu'elle impressionne l'intestin de la façon que j'ai dite, ce qui signifie que la faillite est décidément déclarée. Je l'ai, pour ma part, observé nombre de fois ; et cette observation,
tout en confirmant ma théorie du caractère traumatique de la purgation, me semble constituer une preuve nouvelle et péremptoire de sa nocuité effective ^
I. Qu'un homme bien portant prenne un purgatif : il constatera que ses selles ainsi provoquées ont une odeur toute différente de l'odeur de ses selles normales, et une odeur qui se rapproche plus ou moins de celle qui caractérise les évacuations des malades. Cela ne vient-il pas encore nous prouver que la purgation provoque dans l'organisme un état morbide, qui, d'ailleurs, suivant les cas, peut varier indéfiniment, en durée comme en intensité ? Et peut-être est-ce précisément la fétidité constante des selles, chez les malades, qui a conduit les anciens à tenter la purification des selles au moyen des purgatifs, lavements, etc. ? Mais, en réalité, ni les purgatifs, ni les lavages ne purifient : ils ne font qu'irriter l'intestin.