‹ Un débat scientifique, Pouchet & Pasteur, 1858-1868Chapitre 4 sur 4 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les hétérogénistes continuaient donc à faire à leur adversaire les objections que Needham adressait à Spallanzani en lui reprochant d’affaiblir ou d’anéantir la « force végétatrice » des substances infusées ; de détruire leurs (( vertus de transformation » pour rappeler, aujourd’hui, l’expression de Pasteur.

Les travaux des hétérogénistes sont-ils, de leur côté, à l’abri de causes d’erreur? Là n’est pas la question. Il est évident que si, d’un côté comme de l’autre, on opérait de nos jours, on prendrait un surcroît de précautions alors inconnues. On flamberait ses ballons ; on ferait usage de filtres perfectionnés ; on obtiendrait des températures supérieures à 100 par plusieurs chauffages successifs des liqueurs ; on tiendrait compte de l’influence que peut avoir, sur la résistance vitale des spores, l’acidité ou l’alcalinité des liquides en expérience et on aurait recours à l’autoclave, etc.; moyens qui n’étaient pas encore en usage dans les laboratoires. Mais, il ne paraît pas équitable, en présence de la discussion à laquelle ont donné lieu les expériences sur les générations spontanées, de trancher d’un mot la question et de dire, comme on le fait journellement, que Pasteur a immédiatement mis en lumière et démontré à Pouchet le vice de ses expériences.

Les observations et les expériences de Pouchet ont suscité celles de Pasteur, il ne faut pas l’oublier.

Au cours de la lutte que nous venons de résumer, Pouchet a fait plus d’une découverte dont a profité la science.

De la polémique qui éclata entre les deux savants,

est enfin sortie la Bactériologie à laquelle l’humanité est déjà redevable de tant de bienfaits.

C’est dans cette pensée de justice, que j’ai cru bon de rappeler une lutte scientifique que Richard Owen, l’anatomiste le plus éminent que possédait alors l’Angleterre, et l’un des plus fervents adeptes de l’hétérogénie, comparait à celle qui, au début du siècle, éclata entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire.

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