Un demi-siècle de civilisation française (1870-1915)
Depuis iSyo^ sur la foi des intéressés, le monde a pu croire que le progrès humain n'eut d'autre centre que Berlin. Les Allemands, passés maîtres dans l'art de la réclame et du bluff, ont répété à satiété qu'ils n'avaient pas seulement une armée bien organisée, mais que, sur tous les points, ils excellaient. En face dti soleil qui éclairait les bords de la Sprée, tout devait rentrer dans l'ombre. Un empereur, qui s'entendait merveilleusement à remplir l'univers du bruit de ses paroles, parvint à éblouir, plus encore que ses propres sujets, tm grand nombre d'étrangers. Par une sorte de suggestion, ceux-ci en étaient venus à s'imaginer de prhne abord qu'en toute matière il fallait s'adresser à l'Allemagne, acheter des produits allemands, lire des livres allemands, im,iter les procédés allemands.
La France a suivi une marche opposée. Rendue nwdeste par ses revers, elle s'est appliquée à réparer les ruines de i8yo et elle y a réussi. Elle a refait ses finances, ses armées, sa flotte. Elle a fondé un empire colonial qui, après celui de l'Angleterre, est le premier du monde : sur toute la vaste étendue de ses possessions africaines et asiatiques, elle a fait régner la justice; elle a civilisé, au plus beau sens du mot. Dans le domaine scientifique, artistique, littéraire, elle a repris sa m,arcîie en avant et réalisé pltis