‹ Un demi-siècle de civilisation françaiseChapitre 57 sur 112 · PASSIF ^_____ · texte numérisé non relu

PASSIF ^_____

Capital 20 200 250 230

Réserve » 80 100 165

Dépôts 9 256 546 913

Comptes courants 4 126 631 i 269

Total du bilan 35 764 1702 2834

Le pouvoir bancaire et les facilités de banque sont aujourd'hui beaucoup plus considérables qu'autrefois : les établissements de crédit ont rayonné dans les parties les plus lointaines du pays : le nombre des succursales du Crédit Lyonnais, de la Société Générale et du Comptoir d'Escompte, pour ne nommer que trois des principaux, est de plus de 2 000.

Des caisses d'épargne existent dans toutes les agglomérations de quelque importance; le total de leurs dépôts s'élève à 5 milliards de francs. A côté d'elles, la Caisse d'Épargne Postale, fondée en 1882, a progressé plus rapidement encore. L'ensemble de ses dépôts, à la fin de 1913, était de l 818 millions de francs : ils étaient placés en rentes françaises, bons du Trésor et obligations du chemin de fer de l'État, tandis que les revenus de ces titres atteignaient 54 millions, et les intérêts payés aux déposants 43 millions de francs.

Si on additionne les sommes déposées à la Banque de France, aux établissements de crédit, aux caisses d'épargne ordinaires et à la Caisse d'Épargne Postale, si l'on tient compte des sommes confiées aux banquiers particuliers qui

ne publient pas de bilans, on arrive à un total d'environ 20 milliards de francs.

Telle est la structure interne de la banque française. Une autre partie très importante de son action est celle qu'elle a exercée au dehors, et qui, depuis un demi-siècle, n'a pas cessé de grandir. La France, ayant toujours été un pays riche et économe, a pu exporter des capitaux. Beaucoup de ses rois mêlaient déjà la finance à la politique étrangère et, en bien des circonstances, ont prêté de l'argent ou fourni des subsides à leurs alliés. Dans les temps modernes, l'argent s'étant démocratisé comme tant d'autres choses, les procédés sont devenus différents. L'émission de rentes par les États, la diffusion des obligations sous forme de titres au porteur, a permis aux particuliers de substituer leur action individuelle à celle du gouvernement. Le plus modeste capitaliste qui achète une obligation étrangère avance de l'argent à l'État dont il devient créancier : ce genre de placement a été en France plus populaire que partout ailleurs. Dès le début du xix*^ siècle, sous la Restauration, il existait déjà à Paris un marché important pour divers emprunts émis par les puissances européennes. En vertu d'une ordonnance, souvent citée, du ministre des Finances, M. de Villèle, ces titres étaient cotés et négociés librement à la Bourse, laquelle est en France sous l'autorité directe du gouvernement.

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