‹ Un demi-siècle de civilisation françaiseChapitre 7 sur 112 · RECHERCHES THÉORIQUES · texte numérisé non relu

RECHERCHES THÉORIQUES

Les tomes I à IX, XI, XII, XIV des Métnoires de l'Observatoire contiennent l'œuvre immense de Le Verrier, la théorie du mouvement du Soleil et des planètes principales. Dans ces douze dernières années, M. Gaillot, collaborateur de Le Verrier dès le début, fit une revision complète des théories de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, les compléta à certains égards et en donna des Tables nouvelles. Le Bureau des Longitudes utilise les tables de M, Gaillot dans la Connaissance des Temps.

Le Verrier, dans son œuvre, n'avait pas englobé les satellites. La Lune a, parmi eux, une place à part; elle nous intéresse particulièrement et son mouvement autour de la Terre est déterminé avec plus de précision que celui des autres satellites autour de leurs planètes. En France,

Delaunay, dont l'élégante théorie de la Lune est fondée sur des principes nouveaux, y a consacré 30 années de sa vie. Récemment M. Andoyer a signalé l'inexactitude de certains termes, les a rectifiés avec le concours de M. Gaubet. Le Bureau des Longitudes vient d'en publier les Tables préparées sous la direction de Radau. M. P. Puiseux termine une importante étude de la libration au moyen de nombreux clichés de la Lune obtenus par lui.

L'élaboration des théories des petites planètes est devenue impraticable à cause de leur trop grand nombre. Perrotin à Toulouse et à Nice, Leveau à Paris ont publié des théories de Vesta, dont ce dernier a calculé des Tables. M. Simonin a donné des recherches sur la théorie particulièrement difficile de la planète Hécube.

Les orbites des comètes ont été aussi l'objet de recherches numériques : Leveau notamment a suivi à ses diverses oppositions la comète de d'Arrest, à période de six ans et demi; MM. Fayet à Nice et Kromm à Bordeaux ont calculé les orbites définitives des comètes 1905 II et 1893 IL L'origine des comètes a été l'objet de recherches de MM. Fabry et Fayet; tous deux ont conclu qu'elles font partie du système solaire. Leur distribution a été étudiée par M. J. Mascart. Un critérium de Tisserand sur leur capture par Jupiter a grandement attiré l'attention.

M. Souillart à Lille a consacré sa vie aux satellites de Jupiter dont il a publié une théorie. Tisserand et M. B. Baillaud se sont occupés des satellites de Saturne. M. J. Trousset a étudié le mouvement du 8° satellite de Jupiter.

Signalons l'important mémoire de M. A. Blondel sur les marées de la mer Rouge.

Nombreuses ont été les recherches théoriques sur la mécanique céleste. Par ses travaux et par l'action qu'il a exercée, V. Puiseux doit être mentionné à part. Les études de F. Tisserand l'ont conduit à écrire son beau traité de mécanique céleste; O. Callandreau a étudié les points les plus variés de la théorie des planètes; M. Andoyer, les théories générales et le mouvement de la Lune. Les noms de MM. Lebcuf à Besançon, Esclangon, Féraud, Flamme, Trousset, Luc Picart à Bordeaux, Boquet, Hamy,

l'astronomie. 13

Mlle Klumpke (Mme I. Roberts), Lambert à Paris, B. Baillaud, Saint Blancat à Toulouse sont attachés à des recherches de cette sorte. Nous en trouverions bien d'autres en feuilletant les 30 volumes du Bulletin astronomique. C'est aussi une œuvre de grande importance que les nouvelles Tables trigonométriques fondamentales de M. Andoyer. Mais tous les travaux que je viens de mentionner sont dominés de très haut par ceux de H. Poincaré. Géomètre, astronome, physicien, philosophe, H. Poincaré a marqué d'une trace profonde tous les chemins qu'il a parcourus. L'application qu'il a faite de son génie mathématique à l'étude des bases mêmes de la mécanique céleste dans son mémorable ouvrage Méthodes nouvelles de la tnécanique céleste^ dans ses Leçons de mécanique céleste^ dans ses leçons sur les Hypothèses cosmogoniques a ouvert des voies nouvelles, originales et fécondes aux travailleurs de l'avenir.

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