GÉODÉSIE
La France, dès le xvir siècle, avait inauguré l'ère des grandes opérations géodésiques; la dernière effectuée en France avant 1870 était la carte de France au 80 000% exécutée par les officiers de l'État-Major de l'armée. En 1861 avait été réalisée la jonction géodésique de la France à l'Angleterre; en 1879, celle de l'Espagne à l'Algérie pardessus la Méditerranée. De 1870 à 1892 fut exécutée une nouvelle mesure de la méridienne de France, avec prolongation d'Alger à Laghouat et de nouvelles mesures d'arcs de parallèles en France et en Algérie-Tunisie. Mentionnons aussi les observations du pendule avec des instruments très perfectionnés du commandant Defforges, et des études des déviations de la verticale sous la direction du colonel Bourgeois; la réfection récente du nivellement général de la France, d'après les méthodes du colonel Goulier, sous la
direction de M. Ch. Lallemand; les opérations géodésiques effectuées au Tonkin, à Madagascar, en Afrique occidentale, au Maroc ; un important travail de M. Esclangon sur l'intensité de la pesanteur dans le Sud-Ouest de la France.
Une très importante opération, la reprise de la mesure de l'arc méridien de l'équateur, sur une longueur de 6 km., avec mesure de 3 bases et neuf stations astronomiques a été accomplie de 1901 à 1906 sous la direction du commandant, aujourd'hui général de division, Bourgeois, par 10 officiers français, avec le concours d'un astronome, M. Gonnessiat, installé à l'observatoire de Quito; la publication comprendra 22 volumes.
De grande importance ont été la création de l'astrolabe à prisme par MM. Claude et Driencourt et les travaux d'astronomie nautique du commandont Guyon.
Le Bureau des longitudes, le Service géographique de l'armée et les observatoires astronomiques ont exécuté d'ailleurs, depuis 1870, un très grand nombre de déterminations télégraphiques de longitudes. Dans ces dernières années, par ces mêmes initiatives et avec des astronomes et officiers français, belges, russes et américains, furent faites des déterminations de différences de longitude par télégraphie sans fil, en 1911, entre Paris et Bizerte, en 1912, entre Paris et Uccle (Bruxelles), en 1913-1914, entre Paris et Washington, en 191 4, entre Paris et Poulkowo, M. Renan a été chef de service pour les astronomes de Paris. C'est à MM. Claude, Driencourt et Ferrie que sont dus le mode d'envoi et de comparaison, et l'organisation des signaux; M. le colonel Ferrie n'a jamais cessé de prendre à ces travaux la part la plus active, à la Tour Eiffel.