L'ORGANISATION CATHOLIQUE SUR LE TERRAIN RELIGIEUX
LES COMITÉS CATHOLIQUES L’UNION CONSERVATRICE. — LE JOURNAL « LE MONDE »
SOMMAIRE
Union des catholiques sur le terrain de la défense religieuse. — Les Comités Catholiques et leurs Assemblées générales. — Le Comité de Défense religieuse : Relier remplace A. de Mun. — Relier et Chesnelong : leur parfaite entente. — L'Union conservatrice et les élections de 1885.
Achat du journal Le Monde (1883). — Intervention de JL1 d’Hulst, du Nonce M51' Czacki et de i\Lr Lavigerie. — L’affaire du cardinal Pitra : Relier démasque Henri des Houx et invite les catholiques à « serrer les rangs autour du Pape ».
Echec de l 'Union catholique d'A. de Mun (1885). — Discours aux Assemblées Générales des catholiques de France. — Le Centenaire de 1789.
Il était bien difficile, peut-être impossible, — comme l’événement l’a prouvé, — de réaliser l’unité d’action des catholiques de France en dehors du terrain de la défense religieuse. Mais, sur ce terrain, se rencontrèrent des hommes de tous les partis, et ils le firent avec un succès trop souvent méconnu.
A côté de la Société Générale (T Education et d'Enseignement qui, depuis sa fondation (1867), travailla, avec plus d’ampleur que ne laissait supposer son titre, à la défense des intérêts religieux, les Comités catholiques de France avaient adopté, dès juillet 1871, cette devise : « Nous unir pour nous défendre » ; leurs Assemblées générales annuelles étaient,
sous la présidence de l’Épiscopat, de véritables assises du catholicisme français militant ; à Paris, ils avaient organisé une Commission permanente et neuf Groupes chargés d’œuvres diverses ; ils avaient exercé, enfin, non seulement sur la masse des catholiques, mais encore sur la Droite parlementaire, une salutaire influence. Chesnelong, Keller et Adolphe Baudon, pour 11e citer que ces trois chefs, leur avaient donné une vigoureuse impulsion : « C’est à eux, a écrit le biographe du dernier S que revient la part principale dans ce réveil de l’action chrétienne. »
En 1880, ces Comités étaient « une puissance » et la presse portait les vœux de leurs assemblées générales jusqu’au dernier village.
Le Comité de défense religieuse, fondé durant la guerre et rattaché plus tard au Comité catholique qui s’intitula alors Comité Catholique de Défense Religieuse, était devenu l’âme de la résistance contre les entreprises maçonniques : Chesnelong le dirigeait avec le comte A. de Mun, lorsque, le 28 septembre 1881, ce dernier démissionna en raison de ses trop multiples occupations et du mouvement de propagande politique, de la campagne légitimiste, qu’il avait à mener. « Quoi qu’il arrive, ajoutait-il, l’amitié conclue dans les combats soutenus ensemble ne se rompra jamais et les liens qu’elle a formés entre nos âmes ne seront pas brisés... Je demeurerai uni à vos luttes et vous me trouverez toujours prêt à marcher à vos côtés 1 2. » Le président de YŒuvre des Cercles écrivait de môme à son ami Keller3, en lui annonçant sa détermination, que « leurs liens si particuliers d’affection et de confraternité » les feraient rester « étroitement unis pour le service de la grande cause ». Le 4 janvier 1884, alors que c’était Keller qui venait de quitter l'une de ses œuvres, il devait lui renouveler ses nobles engagements :
« S’il y a quelquefois entre nous des divergences d’appréciation, s’il échappe aux mieux intentionnés des vivacités de formes, il n’y aura jamais, de notre part, aucune pensée d’opposition systématique contre les œuvres qui se réclament de votre nom