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Circulaire électorale, Belfort, 17 mai

EMILE KELLER

déré par les manufacturiers français comme un désastre national ; aux dépenses incontrôlées, aux crédits « extraordinaires » qui, dès 1861, avaient créé une dette flottante d’un milliard et un découvert de trois milliards ; si l’on observe qu’Émile Relier, joignant à ses travaux parlementaires les labeurs du publiciste, avait étudié de fort près l’équilibre des budgets, le plan financier de Fould, les emprunts, les travaux publics, les services de guerre, le régime des chemins de fer, on admettra que ce catholique avait un horizon politique fort large et que sa compétence pouvait être précieuse au Gouvernement. Mais le ministre de l’Intérieur Persigny le confondit dans la « coalition d’hostilités, de rancunes et de dépits, opposée aux grandes choses de l’Empire », coalition dont il fallait se débarrasser, et toutes les forces administratives furent mobilisées contre le député qui, en 1858, avait été candidat officiel.

Après son discours du 12 mars 1862, une enquête administrative avait été faite auprès des maires de sa circonscription pour « sonder sur son compte l’opinion publique ». Cette enquête ayant établi que l’opinion lui restait favorable, du moins dans les cantons agricoles l, on avait habilement remanié la 4e circonscription du Haut-Rhin et choisi comme favori du Pouvoir César West, ancien préfet du Haut-Rhin et de Haute-Garonne. A Toulouse, ce haut fonctionnaire avait été d’ailleurs révoqué, à la suite de certaine mésaventure ; mais M. de Persigny affirma qu’ « un malentendu » en était la cause et il lui écrivit officiellement, le 5 avril, pour accréditer sa candidature : « Vous savez, disait le ministre que, depuis longtemps, j’attends avec impatience l’occasion de vous rappeler à une grande préfecture... Et cependant, à la veille de réaliser vos justes espérances, je viens vous demander un sacrifice et faire appel à votre dévouement. » Pourquoi lui offrir un siège de député au lieu d'une « grande préfecture » ? Pourquoi employer un tel « dévouement » à l’échec d’Émile Relier ? Persigny osait l’expliquer en ces termes :

« Si M. Relier n’était qu’un homme religieux, ardemment dévoué au Pape, quels que fussent ses votes à la Chambre, le

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