‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 39 sur 189 · Lettre datée de Saint-Nicolas. 25 novembre · texte numérisé non relu

Lettre datée de Saint-Nicolas. 25 novembre

de la résistance légale qui, pratiquée avec ensemble, aurait à coup sûr arrêté le gouvernement ?...

« Comme la majorité du Conseil ne paraît pas partager cette manière de voir, son désir devient un ordre pour moi, et il ne me reste qu’à vous exprimer mon regret de me séparer de vous et qu’à vous prier d’insérer ma lettre et ma démission dans votre prochain procès-verbal... »

Au fond Adolphe Baudon partageait les sentiments d’Émile Keller : il lui répondit, le 30 novembre, « qu’à son sens charité et liberté étaient synonymes, qu’il était impossible de céder sur les principes constitutifs de la vie propre de la Société, et qu’après les avoir soutenus même contre le clergé, quoiqu’il leur en coûtât de n’être pas d’accord avec lui sur ce point, les membres du Conseil devaient à plus forte raison les défendre contre une intervention administrative ». Mais leur façon de les défendre paraissait inadmissible à Émile Keller, et il en donna de nouvelles raisons. Dans sa circulaire du 16 octobre M. de Persigny avait taxé les Conférences d’ « hypocrisie politique » : si le Conseil Général admettait une transaction, comment répondrait-il ensuite aux odieuses imputations du ministre ? « Au Corps Législatif, ajoutait-il, nous pouvons être, malgré nous, obligés d’en parler. Il importe que nous puissions défendre hautement l’honneur de la Société, du Conseil Général tout entier et déclarer que nous n’en sommes sortis qu’à la demande et sous la pression du Gouvernement. C’est là la vérité, et il me semble que pour nous tous le mieux est d’en accepter ouvertement les conséquences h »

Cette attitude était celle de Henry de Riancey 1 2, qui, membre de la Société depuis vingt-cinq ans, avait déclaré qu’il n’en sortirait jamais volontairement et que, si on l’en excluait, il ferait connaître le motif d’une mesure semblant justifier les accusations du Gouvernement 3.

Quant aux conséquences de la résistance légale et concertée,

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