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ville, la guerre au général Rulhière, la marine à Tracy, les finances à Hippolyte Passy, les travaux publics à Léon Faucher, le commerce à Bixio, l'instruction publique à Falloux. Ses dispositions se manifestèrent aussitôt, et on put prévoir le caractère personnel de sa politique. La demande impérieuse qu'il fit du dossier de Strasbourg et des dépêches diplomatiques, amena une démission collective, à la suite de laquelle
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Malleville et Bixio se retirèrent; les autres membres du cabinet reprirent leurs portefeuilles : Buffet reçut le commerce, Lacrosse les travaux publics, Léon Faucher l'intérieur.
Il y eut dès lors entre l'Assemblée et le président un désaccord qui s'accentua par la proposition Râteau, fixant les élections pour le remplacement de l'Assemblée au 4 mars. Cette proposition fut prise en considération par auatre cents voix contre cent quatre-vingt-seize. Odilon Barrot l'avait soutenue. L'Assemblée, dont la fin était marquée, témoignait de plus en plus son hostilité à l'égard du président, qui n'était pas fâché de se débarrasser d'elle. Léon Faucher ayant porté à la tribune un décret interdisant les clubs, l'Assemblée rejeta l'urgence par quatre cent dix-huit voix contre trois cent quarante-deux. Les sociétés secrètes s'agitaient. Il y avait eu quelques mutineries militaires, on craignit une émeute, et certains mouvements l'annonçaient comme prochaine. Des précautions vigoureusement prises, le 29 janvier, montrèrent que le gouvernement était sur ses gardes. La démonstration suffit, et personne ne tenta l'aventure. Il est vrai que les ennemis du président l'accusèrent de conspirer lui-même, et prétendirent trouver dans ce déploiement de forces militaires la préparation d'un coup d'État ayant pour but d'acquérir le pouvoir dont son nom semblait lui promettre l'exercice.
Le pape Pie IX avait montré, depuis son avènement (16 juin 1846). les dispositions les plus bienveillantes pour la liberté politique de ses États et la sollicitude la plus active pour leurs intérêts matériels. Le 15 novembre 1847, il avait réuni une Consulte, qui ne sut pas se renfermer dans les limites, fort larges cependant, qui lui avaient été assignées, et tourna contre le gouvernement pontifical les droits qu'elle en avait reçus. L'année 1848 offrit une série d'épreuves pour le courageux et confiant Pontife. Le 16 septembre, il fit entrer dans ses conseils un ancien banni, le comte Rossi, qui avait été professeur en France, et était devenu, grâce à l'estime qu'avait pour lui le chef du ministère, Guizot, ambassadeur de Louis-Philippe à Rome. Il lui confia les portefeuilles de l'intérieur, de la police et des finances. Le 15 novembre, le comte Rossi se rendit, malgré les avis réitérés de ses amis qu'inquiétaient de vagues rumeurs, au palais de la Chancellerie, où siégeaient les députés. Au moment où il en franchissait les degrés, il fut frappé d'un coup de stylet au cou, et expira peu après. L'assassin put s'échapper. Ni la garde civique ne s'émut, ni la Consulte ne se troubla, et le lendemain, un immense cortège alla demander au Pape la reconnaissance de la nationalité ita-
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lienne, la convocation d'une Constituante et un ministère démocratique. Des barricades s'élevèrent menaçantes, et des coups de feu furent tirés contre le palais apostolique. Le Pape accorda tout ce qu'on demandait, et, pendant la nuit, quitta Rome et se rendit à Gaëte, où le suivit le corps diplomatique. Un triumvirat s'établit à Rome, où la République remplaça le gouvernement pontifical.
Cavaignac envoya de Corcelles pour offrir l'hospitalité au Pape, et fit embarquer un corps de troupes à Toulon. L'Assemblée l'approuva. Le nouveau président se montra d'accord avec elle, et suivit la même politique. Le 31 mars, elle autorisa une occupation temporaire et partielle en Italie, et le 16 avril, vota un crédit pour l'entretien, pendant trois mois, d'un corps expéditionnaire. La flotte arriva le 25 avril devant Civita- Vecchia. Oudinot commandait l'armée d'opération. Lorsqu'elle approcha de Rome, elle fut accueillie par un feu meurtrier et repoussée. Les bandes qui occupaient la ville étaient animées par les passions les plus violentes et décidées à une énergique résistance. Cet insuccès fut suivi d'une trahison. Quelques compagnies du 20« de ligne, attirées dans les travaux avancés par des démonstrations d'amitié, furent entourées par les volontaires de Garibaldi, et durent se rendre. Le siège devenait donc nécessaire. Ce n'était plus une simple démonstration que l'on faisait à Rome, c'était une guerre que l'on engageait. Les intérêts politiques et religieux de la France, les relations traditionnelles avec le Saint-Siège, le désir de ne pas voir intervenir une autre nation, ne l'exigeaient pas moins que la nécessité de venger un odieux guet-apens. Mais les passions anti-religieuses n'étaient pas éteintes, et une politique soupçonneuse s'inquiétait de l'attitude générale du gouvernement.
Le général en chef fut accusé dans l'Assemblée, et un ordre du jour demanda que «l'expédition d'Italie ne fût pas plus longtemps détournée du but qui lui avait été assigné. » Le président de la République écrivit aussitôt au général pour l'assurer de ses sympathies, et lui annoncer des renforts. Cependant il négociait avec la République romaine, et envoyait un agent chargé de chercher avec les triumvirs un terrain d'entente, afin d'éviter un siège que rendaient cependant nécessaire le rétablissement du pouvoir pontifical et une indigne trahison. Lesseps, à qui fut confiée cette mission louche, y mit toute la complaisance que pouvait désirer l'ancien compagnon des insurgés de 1831. Les triumvirs en profitèrent. Ils répondirent aux propositions les plus avantageuses pour la république romaine, et les plus contraires au but de l'expédition, par
CHAPITRK PREMIER.
d'insolentes exigences que Lesseps finit par accepter. Oudinot les rejeta avec indignation et rompit les pourparlers. A ce moment, le ministère des affaires étrangères, qui ne savait des instructions données à Lesseps que ce qu'il convenait à la politique personnelle du président d'en laisser voir, rappelait son agent.