‹ Un demi-siècle de notre histoire, 1848-1900Chapitre 131 sur 132 · I. s. Matthieu, XI · texte numérisé non relu

I. s. Matthieu, XI

loi inflexible du devoir, mais il ne résiste pas à une opposition énergique, à une guerre active et persévérante.

Cette guerre doit d'abord porter sur les doctrines, et avoir pour but, en religion, en politique, en histoire, en philosophie, en économie sociale, d'exposer, de démontrer et de défendre la vérité. Tout acte procède d'une idée. Si l'idée est fausse, l'acte est mauvais. En le condamnant, il faut remonter au principe dont il est la conséquence. L'homme est fait pour la vérité, et ce n'est que par ignorance, par légèreté ou par corruption du cœur qu'il accepte l'erreur, et en fait la règle de sa conduite. Il n'y renonce pas facilement, parce que l'amour-propre vient en aide aux autres causes qui nous égarent, et leur donne une force nouvelle. C'est un motif de plus pour employer tous les moyens par lesquels les intelligences peuvent être éclairées, et ce n'est qu'en insistant sur ce qui est vrai, en le rappelant sans cesse, en multipliant les preuves, en suivant l'ennemi dans tous ses subterfuges et en le démasquant hardiment, que l'on peut parvenir à le faire prévaloir.

L'action doit accompagner cette persévérante affirmation. L'avenir est à ceux qui agissent. Se plaindre de la méchanceté des hommes, des malheurs du temps, se réfugier dans l'éloge sentimental du passé, c'est facile, mais inoffensif. Tenir tête à ceux qui corrompent, oppriment, persécutent et détruisent, c'est sans doute laborieux, souvent même périlleux, mais, en définitive, c'est le seul moyen qui promette et assure le triomphe.

Les destinées de la France et de l'Église, étroitement liées entre elles, sont dans les mains de leurs enfants. Qu'ils le veuillent, et ils arracheront cette double patrie aux doctrines et aux actes qui les conduisent aux abîmes.

« En général, disait de Bonald, je crois peu à la puissance du mal, qui n'est fort que de notre faiblesse, et beaucoup, au contraire, à la puissance du bien, qui nous communique, quand nous ne le repoussons pas, la force irrésistible de l'ordre et de la vérité. Et la Révolution ellemême, qui est le mal absolu élevé à sa plus haute puissance, est aussi faible quand on l'attaque, qu'elle est forte quand on la craint ('). »

Les hommes qui aiment leur Dieu et leur patrie le comprendront, et c'est le motif de nos espérances.

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