GUILL\UME I", ROI DE PRUSSE
communes rurales pour la réparation de leurs chemins. Le 6 octobre, le roi Guillaume visita l'empereur à Compiègne. L'empereur se montrait toujours disposé à recevoir ces visites de souverains, quand il ne les provoquait pas. Il leur offrait une magnifique et délicate hospitalité, les renvoyait comblés de ses attentions, et ne parvenait pas, malgré toutes les apparences de l'entente la plus cordiale, à conquérir leur confiance.
Un sénatus-consulte du 25 décembre 1852 autorisait le souverain à ouvrir des crédits supplémentaires ou extraordinaires dans l'intervalle des sessions. Il avait usé de ce droit de manière à compromettre l'équilibre du budget, De 1852 à 1858, ces crédits s'étaient élevés à plus de deux milliards. Sans doute le Corps législatif régularisait la situation, mais que serait-il arrivé s'il s'était montré hostile, et s'il avait déclaré ces crédits inutiles ou contraires aux intérêts du pays ? Le contrôle était donc illusoire. Sur la proposition de Fould, ministre des finances, l'empereur renonça à ce privilège, pour ^ rendre la confiance à la France et calmer l'inquiétude de l'Europe». Le but ne fut pas atteint. La France connaissait la docilité des députés désignés par l'administration au choix des électeurs. Elle ne crut pas avoir repris son droit de voter librement son budget, et l'Europe savait ce que cachaient les déclarations les plus solennelles en faveur de la paix et du respect des traités.