LOISIRS DE CHANOINE
l'ouvrage dangereux pour son auteur et nuisible au clergé dont il augmenterait la division. La pieuse fllle soumit alors ses craintes à Tarcbevêque de Cambrai :
« Monseigneur, lui écrivait-elle, Votre Grandeur me pardonnera-t-elle la liberté que j'ose prendre en venant lui demander un conseil dont le motif ne peut que vous paraître étrange ?
« Depuis bientôt deux ans, je vois M. Bernier occupé d'un travail laborieux et assidu dont j'ignore le but, mais qui ne laisse pas de me causer quelque inquiétude par l'effet produit par ses précédents écrits. A mes questions il répond : « Ce sont des notes sur l'Eglise et le résumé des études de toute ma vie. »
a Je ne puis. Monseigneur, vous rendre compte de ce travail; je n'y comprends rien. Il dit qu'il veut prouver que les gallicans sont catholiques — ce qu'on leur refuse aujourd'hui — et que pour cela il ne fait que copier divers auteurs qui ont traité ces matières, etc.
a Sa conviction profonde et sincère est qu'il sera utile à l'Eglise par ses développements. Je ne puis partager cette conviction lorsque j'entends des prêtres qui possèdent ma confiance dire que toutes ces discussions seraient plutôt de nature à déchirer le sein de l'Eglise. Tout cela. Monseigneur, me cause une perplexité indéfinissable qui me détermine avenir vous confier mon anxiété. Si j'étais assurée que c'est pour procurer la gloire de Dieu qu'il travaille, quoi qu'on puisse dire contre lui, je ne m'en inquiéterais pas, mais l'incertitude me cause un grand trouble. Votre jugement, Monseigneur, sera pour moi irréfragable et lorsque vous me l'aurez fait connaître il mettra fin à mon trouble et à mes incertitudes i. »
I Lettre de décembre 1856.