Î44 LOISIRS DE CHANOINE
L'archevêque répondit :
Cimbrai, U 2j Jéumbrt j*j6
Mademoiselle,
Vous pouvez en toute sûrtié lic conscience dtitourncr M. Bcrnier Je la publication du travail qui l'occupe. Dans l'ctat où sont aciuellement les esprits, un ouvrage de ce genre, quoique grave et modéré en lui-même, deviendrait le texte de discussions ardentes qui ne tourneraient pas au profil de l'Eglise. L'auteur serait mal jugé ; on l^i susciterait certainement, s'il en donnait le moins du monde le moyen, des désagréments comme ceux qu'on lui a fait précédemment éprouver. Ce qui contribuerait peut-être à embarrasser et à compromettre sa position, c'est qu'il recevrait les éloges et les encouragements des ennemis de l'Kgtise. Si donc j'avais occasion de donner sur ce point un conseil à mon bon et vieil ami, ce serait de ne pas livrer son travail au public, quoique la thèse qu'il soutient soit d'ailleurs
Recevez, je vous prie. Mademoiselle, l'assurance de mes sentiments dévoués eu N.-S.
f R.-l-., Archev. de Cambrai.
Dès lors commença entre Mlle Leguay et son vénéré père une lutte où elle s'elTorça de lui arracher la promesse du silence et pendant laquelle M. Bernier à demivaincu continua pourtant de s'entourer de nouveaux documents et paracheva son ouvrage jusqu'aux approches de la mort.
Au temps où le chanoine s'était mis à étudier les exagérations et les injustices des ultramonlains, l'évc-