LES POLÉMIQUES EK AXJOU
rindex. Une première fois c'était à loccasion de votre livre mis à rindex. Je Tavais en ma possession ; malgré la vive douleur que j'éprouvais du chagrin qui en résultait pour vous, et I*estimc que je vous ai vouée, et la reconnaissance que je vous porte, j'ai jeté votre livre au feu.
Plus tard j'avais Bailly*, dont les opinions qui l'ont fait mettre à l'Index étaient déjà corrigées, sinon dans mon édition, au moins dans mon esprit ; Bailly, auquel je tenais, parce que j'y trouvais facilement une foule de qiurreSy suivis de réponses bien claires et bien courtes, très utiles pour ceux qui sont très occupés dans le ministère. Aussitôt après le décret de l'Index, j'ai commencé à le déchirer.
Je crains, et je suis très certain, Monsieur, que vous le craignez aussi, vous, plus que personne, de manquer non seulement à ce que la foi demande de nous, mais à ce que le Saint-Siège désire.
C'est une chose vraiment curieuse, qu'on veuille quelquefois s'occuper de moi et me traiter de Gallican, de Janséniste ! Cela me fait peine à cause de l'horreur que je conçois des principes qui méritent ces qualifications. Cependant je me console. Gallican ! ! Mais je regarde l'opinion qui croit le Souverain Pontife comme infaillible, lorsqu'il parle ex-ctithedra, comme la plus probable, et je suis bien résolu à la suivre pratiquement. De plus j'admets le pouvoir indirect sur le temporel. Janséniste!! je suis ainsi appelé par des gens qui, j'en suis sur, ont moins mérité que moi de l'Eglise, contre les Jansénistes. Pendant neuf ans que je les ai eus en face *, je puis me flatter
1 La Theolof*i.i dogmatica et moralis ad usum seminaiiorum ; eUe eut d'innombrables éditions et fut suivie dans presque tous les grands séminaires.
2 Allusion aux difticultcs qu'eut P. Milsonneau, étant vicaire à Brain-> s.-l'Auihion, avec les châtelains du Rosseau : Charles-Jacques Senoi de la Londe (mort en 18-49) et sa femme Elisabeth de Boylesve (morte en 1857). Ils passaient pour jansénistes.