‹ Un dernier GallicanChapitre 130 sur 162 · DERNIERS TRAVAUX · texte numérisé non relu

DERNIERS TRAVAUX

vive angoisse. L'auteur n'est toujours inspiré que par sa conscience et l'amour de l'Eglise, mais sans illusion de succès. Il en désespérait tellement qu'à la dernière heure il ordonna de tirer l'opuscule à cent vingt-cinq exemplaires seulement', pour les envoyer aux archevêques et évêques de France, et à quelques personnes de son choix. Il pensait que cette réserve empêcherait son cadavre d'être injurié, et qu'on ne ferait point un crime à un prêlre mourant de livrer ses convictions ■ en ce qui concerne l'honneur de l'Eglise et le progrès de la foi' » à l'examen de ceux qu'il reconnaissait respectueusement pour ses juges et pour ses maîtres >.

« Du reste, ajoutait-il dans la conclusion de sa brochure, qutl que doive <ïtre le sort de ce petit écrit, jamais nous ne pourrions nous repentir d'avoir voulu, dans la mesure de nos forces, diigager l'Eglise de toute solidarité, par rapport à des exagérations de doctrine qui peuvent faire considérer la foi comme un joug intolérable, et la fidélité catholique comme une abdication absolue de l.i raison. Nous déclarons en même temps, qu'après avoir franchtmont combattu tout ce qui est à nos yeux propre à dénaturer, i rapetisser et à avilir le culte de l'augusie A'ierge qui enfanta le Sauveur du monde, nous nous trouvons un peu moins indigne de l'appeler notre mère et notre douce espérance, et que nous nous sentons plus confiant dans notre recours à sa miséricordieuse et puissante intercession *. »

1 Lt Doute légitime sur l'apparition miraculiuse de la Trèi Siînle Vierge à deux bergers de la Salelle (Angers, imprimerie de Cosnier ei Lachûac, 1S59, in-8, III-116 p.). — II ne subsisie, à ma connaissance, que six exemplaires de cel ouvrage, donl un conservé à la Bibliolhèque >iaiiona1e, un auire à la bibliothèque de l'évêchc d'Angers, — Sur la suppression qui en fui faile, voye^ cï-dessous pp. 419-^23,

J /bid.. p. II.

-i Ibid.. p. 100.

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Combien de temps de vie me donnez- vous encore? demanda-t-il vers la fin de mai à son médecin, M. Farges. — Une dizaine de jours, répondit le docteur. — En ce cas mon livre paraîtra. — Et l'auteur pressa l'impression et corrigea assidûment ses épreuves. Comme Mlle Leguay lui apportait un volume de Bossuet pour la vérification d'un texte, elle lui dit qu'il serait bientôt avec le grand évêque qui lui tendrait sans doute une main secourable pour rintroduire au pied du trône du juge suprême. « Vous avez servi Dieu, ajouta-t-elle, tous les deux avec un zèle éclairé et désintéressé. » M. Bernier ne put s'empêcher de sourire, mai si joyeusement et si spirituellement qu'elle regretta d'être seule pour jouir de TefFet produit par sa naïveté.

On s'étonnait que le malade n'eût pas été emporté par une crise \ quand, le lundi 6 juin, ses souffrances diminuèrent. Mlle Leguay profila de ce qu'il avait terminé la correction de ses épreuves et qu'il sentait quelque calme, pour le prier de lui laisser par écrit une pensée sur un petit papier qu'elle lui présenta taillé en forme

I « M. l'abbé Bernier est mourant : les médecins sont étonnés qu'il existe encore. » Lettre du curé Pasquier à dom (îuérangcr, datée du 6 juin.

d'image : ce devait être le dernier cadeau, la suprême recommandation de Tami et du directeur i.

Les forces semblaient revenir au malade. On fixa une communion pour le lundi suivant, lundi de Pentecôte, et le petit ermitage se réjouit d'étje bientôt sanctifié par la présence réelle de Jésus-Christ. Pensant que M. Bernier profiterait de Tamélioration pour retourner à la ville, Mlle Leguay lui répéta que plusieurs de ses collègues le désiraient. « Dites-leur, répondit-il, que je les remercie de leur affectueux souvenir et que je me recommande à leurs prières. » Il ajouta en souriant :

1 Voici ce qu'écrivit M. Bernier

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