LA SALETTE 40I
de l'apologétique, a D'où vient, dit-il, que dans notre France la bourgeoisie qui se pique de lire et de raisonner, et la classe populaire, qu'elle entraine tout naturellement à sa suite, s'éloignent de plus en plus des pratiques religieuses et des prêtres, en proportion, semble-t-il, des eiforts que l'on fait pour les ramener dans les sentiers de la fidélité «?» Il émeut et communique sa peine à un lecteur même indifférent quand, à propos d'un article du Journal des Débats « marqué au coin de l'esprit et du bon sens », il dit mélancoliquement 3 : « On souffre en voyant qu'un journal dont les libres-penseurs s'accommodent, a si manifestement et si péremptoirement raison contre un journal qui s'est donné la mission de soutenir et de défendre l'Église contre toute sorte d'attaque I »
M. Bernier termina cet opuscule sur son lit de mort. Quinze jours avant de rendre le dernier soupir, il en écrivait encore plusieurs pages, les plus vigoureuses. Mais quels que soient l'éclat et la force des développements, on n'y retrouve plus le ton sûr et dégagé de ses premières polémiques, ni même la manière ferme et confiante de ses récentes Notes particulières, où il croyait encore au triomphe de la raison sur la passion, du jugement sur le piétisme. Il sait trop bien que l'unique résultat de cette solide défense a été de le transformer en survivant des jansénistes. Son dernier travail est recouvert d'un voile de tristesse; parfois il trahit une
i Le Doute légitime, p. 48.
3 IbiJ., p. 91.