‹ Un dernier GallicanChapitre 135 sur 162 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

Mlle Leguay dit à Tune des religieuses de porter le billet à la cathédrale. Mais M. Bernier lui fit signe que c'était elle-même qu'il chargeait du message. Elle lui avait toujours obéi instantanément, sans aucune objection. A l'instant suprême, elle obéit encore et partit sur le champ. Elle ne lut point dans les regards du moribond le dernier adieu : elle ne pénétra point le motif de sa dernière volonté. Au moment de paraître devant Dieu, pour ne pas être attendri et distrait par le spectacle de sa douleur, il éloignait la femme qui, seule, avait mis quelque douceur en sa vie. Il préférait mourir, comme à l'hôpital, entre des mains étrangères.

Les deux gardes-malades commencèrent à réciter la prière aussitôt que Mlle Leguay fut partie. Vers la fin il fit signe de les interrompre el de l'aider à se relever la tête. On n'eut pas le temps d'exécuter son ordre. Par un suprême effort il se souleva, se passa la main sur le front et retomba inanimé. On retrouva près de lui son chapelet qui ne le quittait guère et son petit crucifix de vermeil portant l'indulgence plénière in articulo morlisy ainsi que l'indulgence du chemin de croix pour les malades ^

Cependant Mlle Leguay arrivait à la sacristie de la cathédrale. L'office n'était pas encore terminé. Elle fit porter immédiatement à l'évêque sur son trône le billet du moribond. Quelles pensées ces dernières lignes

I M. Bernier conservait précieusement dans ses papiers la concession d'une indulgence plénière à Tarticle de la mort. 11 1 avait obtenue par un de ses amis oui la tenait.de Grégoire XVI pour sa famille et vingtcinq personnes de son choix.

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