‹ Un dernier GallicanChapitre 134 sur 162 · LE DERNIER JOUR · texte numérisé non relu

LE DERNIER JOUR

il lui restait à s'acquitter et l'esprit de ses deroières volontés.

A 8 heures, on fit une lecture au malade sur Taccepta* tion de la mort. En entendant répéter après chaque paragraphe : « J'accepte la mort en expiation de mes péchés », il s'inclinait avec approbation. On lui récita ensuite les « litanies de la bonne mort », auxquelles il s'associa pareillement.

Vers dix heures il écrivit : c Je me sens agité. Ne pourrait'On pas me donner une potion calmante ? J'entends du bruit au jardin. » Et comme Mlle Leguay répondait que tout était tranquille, il continua: «Alors, c'est la fièvre qui m'agite. Cette fièvre sera suivie du délire et terminée par l'agonie. Il serait bon de convoquer un certain nombre de personnes pour l'aprèsmidi. )»

Peu après, il fit signe qu'un travail destructeur s'opérait dans sa tèle. Il paraissait suivre tous les degrés de sa décomposition. Mlle Leguay lui dit que l'heure de la délivrance approchait. Il leva les yeux au ciel avec sérénité puis jeta un regard suppliant sur le petit crucifix qu'il tenait à la main.

Il reprit encore son crayon, c'était pour la dernière fois : « J'opine pour qu'on récite ici les prières des agonisants. Qu'on aille aussi prévenir le chapitre, si les circonstances actuelles permettent qu'il- puisse s'en mêler. »

Les circonstances étaient la messe pontificale et le chant solennel du Te Deum en actions de grâces de la bataille de Magenta.

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