AVANT-PROPOS
La première édition de ce livre parut dans la Revue de r Anjou de novembre 1898 à février 1901. Son tirage à part forme un volume de 364 pages.
En insérant cette étude dans un périodique de îa région qu'elle intéressait particulièrement, je me proposais de recueillir des corrections et des suppléments d'information pour un travail très délicat. J'atteignis mon but. Tout le long de lu publication on me fit Thonneur de me communiquer de nouveaux documents. Après son achèvement, j'eus la bonne fortune d'une critique d'ensemble. Elle me fut accordée par dom Chamard, l'un des disciples les plus fidèles et les plus autorisés de dom Guéranger, le grand adversaire du gallican Bernier i .
Cette seconde édition bénéficie de toutes les observations qui m'ont été adressées. Elle est allégée d'un grand nombre de détails concernant l'Anjou. Par contre, elle est augmentée de 5 chapitres complètement inédits >.
Pour éviter toute équivoque, je tiens à répéter quelquesunes des explications que j'ai déjà données. Mon dessein n'est point de ressusciter le gallicanisme. Il est mort, comme finit par mourir, Dieu merci, tout ce qui est illogique. J'ai voulu, simplement, représenter la carrière d'un de ses der-
1 Renme de l'Anjou^ numéros de mars-juin i^oi (Tirage à part : Dont Guéran*yer et l'abbé Bernier, Angers» Germain, in-8, 63 p.). Comme dom Chamard paraissait craindre t^ue mon dessein ne fût de réhabiliter l'hérésie gallicane, je crus devoir le détromper, dans le numéro suivant. (Lettre à dont Chamard swr Un dernier 'gallican, tirage à part, \w-^, 26 p.)
2 Les chapitres VIII, XII, XX, XXI, XXIV.
nîers tenants et de.s scènes de la vie ecclésiastique au XIX' siècle. ■
Le chanoine Bernier fut pédagogue, curé, vicaire général, théologien d'un concile et d'un évoque, fondateur d'une congrégation. Sa vie présente un tableau de toutes les situations dans lesquelles un prêtre peut exercer son ministère. Les luttes doctrinales où il fut mêlé ont été combattues dans tous les diocèses de France et même dans toute l'EIglise catholique. Mais sur bien peu de théâtres elles réunirent des acteurs aussi curieux et aussi représentatifs que celles qui mirent aux prises, en Anjou, le restaurateur des moines, dom Guéranger, Jules Morel, le panégyriste de l'Inquisition, le célèbre politique Falloux, le chevaleresque comte de Quatrebarbes, l'honnctc ministre Frcslon, M'' Angebault, le vrai type de Icvcque ', le vénérable père Gautier, de la Société de Jésus. C'est pourquoi j'ai voulu en conserver le souvenir.
It m'est arrivé quelquefois de prendre parti. Je croyais alors que les documents forçaient absolument le Jugement et l'eiEpression. Autrement je laisse chacun libre de s'édilîer des pièces authentiques que je rapporte, le plus souvent intégralement jusqu'il l'encombrement. Si, dans le dernier chapitre et <;li et là, j'ai dégagé très brièvement quelques idées générales, c'est qu'elles indiquent le lien qui rattache le présent au passé et permettent de tirer plus facilement les leçons de cette histoire.
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