‹ Un dernier GallicanChapitre 3 sur 162 · HENRI BERNIER · texte numérisé non relu

HENRI BERNIER

Chanoine d'Angers (1793-1859)

Enfonce et Jeunesse i (1795-1821)

La famille du chanoine Henri Bernier habitait Cholet. Son père était marié depuis quelques années quand éclata la guerre de Vendée. Pour se mettre à Tabri des malheurs de son pays^ il émigra vers la Normandie avec sa femme et la petite fille qui était le premier fruit de leur mariage. Ce fut à Alençon que lui naquit un second enfant^ Henri-Ambroise, le 29 avril 1795. Plus lard, après le retour au foyer, deux autres garçons, Eugène et Benjamin, accrurent la famille.

Le père, possédant à juste titre la confiance d'une grande maison industrielle de la ville, fut, pendant de

I Revue de l'Anjou, XXXVII (1898'.

longues années, chargé de la surveillance de oombrcux ouvriers. La mère s'occupait de ses enfants autant que le lui permettait le travail de lisserande dont elle vivait. Celait une rcmmc énergique et d'une intelligence remarquable, l-'ile s'efforça d'imprégner de foi l'àme . des siens et de leur communiquer sa propre vigueur.

Dans ses dernières années, M. Bernier se plaisait à raconter certains épisodes de son enfance. Il disait qu'étant tout petit il était souvent confié à la garde d'une vieille tante. Un jour, sa vivacité trompa la vigilance de sa gardienne; 11 s'arracha de ses bras et se précipita sur des charbons ardents. De cet accident, qui faillit lui coûter la vie, il conserva toujours une large cicatrice à la tempe gauche.

Il aimait encore à rappeler que sa mère essayait de le retenir prés d'elle en lui imposant la lâche de nouer quelques bouts de fil. Se sentant fort peu d'attraits pour ce genre d'occupation, l'enfant cherchait k s'évader par tous les moyens possibles. La tentation devenait surtout violente, irrésistible, au son du tambour qui battait souvent à l'époque des guerres de l'empire. Quoique Henri fut sévèrement puni de ses fugues, il les réitérait quand même. Vn jour, comme il entendait au dehors plus di? iiruit que de coutume, il partit furtivement. Dès qu'il eut appris ce dont il étEfit question : la paix ! — la paix pour laquelle tous exprimaient les vœux les plus ardents — il accourut à la maison. Porteur d'une si bonne nouvelle, il pensait pouvoir reparaître fièrement cl sans crainte. Il ne s'était pas trompé.

l'ourlnnt, jiien qu'il vit apprécier la paix, ses goûts

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