SCENE V
SAINT-PIERRE, Mad. de ROSTANGE.
MAD. DE ROSTANGE
M. de Saint-Pierre va me regarder comme bien indiscrète, de le déranger de si bonne heure.
Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussej
ST-PIERRE
Du tout, madame... il faut que je m^habîtue à me lever' matin.
MAD. DE ROSTAWGE.
Vous avez reçu de moi, un petit mot, qui vous prévenait d'un service que je voulais vous demander.
ST-PIEPcRE.
Parlez... et je suis à vos ordres... Je vous prie de croire que jesuistoat-à-fait disponible...
MAD. DE ROSTANGE
Vous êtes mille fois trop bon !... J^espère obtenir aujourd'hui la place que je sollicite depuis si long-temps... Il me serait facile alors de marier ma fille... et peut-être moi-même, par la suite... Je suis libre... jeune encore... ST-PiERRE, galamment.
Je suis garant qu^'il se présenterait plus d'un prétendant. MAD. DE ROSTANGE, minaudant.
Vous croyez... Enfin, mon clier voisin, j'ai, ce matin, des visites... des courses à faire... et si vous vouliez m.e prêter pour aujourd'hui, votre voiture, et vos gens.
ST-PIERRE
Quoi! vraiment, vous avez besoin, pour aujourd'hui... Comme c'est heur eux!.. Holà! quelqu'un... Que Ton mette les chevaux !... Je suis désolé de ne pas vous conduire moi-même ; mais demain, si vous voulez... demain c'est possible !
MAD. DE ROSTANGE
Je vous reconnais à cette galanterie vraiment française.
SÏ-PIERRE.
Vous n^avez donc pas votre remise?
MAD. DE ROSTAJVGE.
Non... il n'est pas venu aujourd'hui, non plus que mes gens... Ils sont tous d'une insolence... A les entendre, il faudrait toujours être la bourse à la main, et tous les mois arrêter bourgeoisement leiir compte.
Air. : du partage de la richesse.
Je n'ai jamais dans ma jeunesse Vu les laquais exiger de l'argent ; Les miens qui n'ont nulle délicatesse En demandent à chaque instant.
Ils demandent?
Mad. DE ROSTANGE.
Oui , sur mon àme.
ST.-PIERRE, On ne saurait les en gronder.
Surtout dansée siècle , madame , Où tant de gens prennent sans demander.
MAD. DE ROSTAWGE.
N'importe, je leur ai appris à vivre.
sï.-piERRE à part.
En les faisant mourir de faim... Ah! elle est fière, et paie mal.,. C'est bon a savoir. ( haut ) Voulez-vous permettre, madame... Je crois que votre voiture est prête, ( il la reconduit jusquà la porte ) Encore une a qui je donne congé.. Nous ne ferons pas affaire ensemble.