‹ Un dernier jour de fortune, comédie-vaudeville en un acteChapitre 5 sur 20 · SAINT-PIERRE, CÉCILE · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE, CÉCILE

CÉCILE

Oui, monsieur... je vous apporte votre déjeûner. su-viERViE y à part.

Allons, laissons-nous servir encore aujourd'hui; mais demain, je me déclare, car une fortune... c'est gênant pour faire la cour a une fille qui n'en a pas. (haut) Il me sembla que tu viens bien tard aujourd'hui.

CÉCILE

C^est que vous ne savez pas... Il vient d'y avoir une ççène dans Thôtel.,. Ce M. de Valberg, qui n'a pas votre

( lo

bonté, et votre patience... vient de tomber à coups de canne ^ sur George , son cocher, qui l'avait fait attendre deux minutes.

St.-PIERPtE.

Ah ! mon Dieu! qu^est-ce que tu me dis donc là ?... Il bat donc ses gens!...

CÉCILE

Oui, Monsieur... Encore hier, son jockey, à grands coups de cravache... Il paye bien, mais il frappe encore mieux.

St.-piERRE.

C^est bon à savoir... Je suis bien son serviteur, (h part) Mais pour son domestique, c'est autre chose, {arrangeant de Vor dans un papier) Tiens , Cécile, porte ceci au maître de Thôtel... C'est le compte du mois... Attends donc, attends donc, je n^ai pas l'habitude d'oublier la fille. Voilà pour toi.

CÉCILE

Là... encore des pièces d'or!... Mon Dieu, monsieur , je n'ose pas vous refuser ; et je ne sais comment vous dire...

st.-piEPcRE, tout en déjeûnant.

Qu'est-ce que c'est ?

CÉCILE

C'est que, presque tous les jours , sur les mémoires qîie je vous apporte, vous m'en donnez autant... Et ma mère, qui doit déjà tant à vos bontés, dit que ça lui fait peur, st.-PiERRE , de même.

Et pourquoi?...

CÉCILE

Je n'en sais rien... mais, ça lui fait peur.

Ah! ah! j'entends... Tu la préviendras de ma part, qu'elle ne sait ce qu'elle dit.

AIR : des Amazones.

De tout l'argent qu'à pleines mains je jette, ■■^ Celui-là seul est placé comme il faut. {à part) Quand chaque jour se vidait ma cassette , £n la voyant, je disais aussîtùt :

c AlU but fatal j'arriverai bientôt ; « Oui, du naufrage, hélas! que je redoute, y^ Ne pouvant être pre'servé, <c Fa

c Faisons du moin« un peu de bien en route ^ C'est toujours cela de sauvé. >

(haut) Ainsi prends toujours.

CÉCILE

Mais, monsieur...

st. -PIERRE.

Eh ! bien... ne fut-ce c[ue pour moi... vois-tu, Cécile, il faut de Tordre, de Téconomie... Il faut mettre de côté... Quand tu seras riche... tu prendras un époux... tu choisiras toi-même... ( à part ) Nous verrons si elle pense à moi...

CÉCILE

Mais, monsieur...

st.-piERRE, s'éloignant^ et changeant de ton. C'est bon... c'est bon... On vient de ce côté... ( mon^ trant la table ou est le déjeuner) Débarrasse-moi de tout cela, et va-t-en.

CÉCILE, à part.

La, c'est madame de Rostange : et moi qui n'ai pas seulement eu le temps de lui parler de M. Edmond.

Elle sort.

ST-PIERRE

Ma chère voisine !... qu'elle soit la bien venue... ( à part ) C'est peut-être le ciel qui me l'envoie... Une dame qui a du crédit... Je vais sans doute trouver là ce que je cherche.

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