NECESSITE DE L ACTION
La voie est ouverte, le chemin est facile. Veut-on s'y engager ? Les partisans du repos, ceux que nous appelons les fatalistes, diront que les peuples suivent un développement marqué d'avance, que l'action individuelle, comme la mouche de la fable, fait grand bruit et aussi peu de besogne, qu'il faut attendre et laisser la civilisation porter ses fruits . Contestez leurs théories, cherchez à calculer leur confiance dans ce progrès indéfini et beaucoup d'entre eux vous avoueront enfin qu'ils croient à la vieillesse des peuples, à l'impossibilité de lutter contre leur décadence.
Voilà bien le dernier mot de l'abstention individuelle ! Voilà à l'aide de quelles réflexions
86 rx PEVOTP, ^oc.jxh
le découragement dont nous périssons, gagne de proche en proche comme une paralysie et s'étend au corps social! Il n'y a pas d'hommes que ce langage n'affaiblisse. Il n'y a pas d'âge de la vie où ces défaillances ne soient pernicieuses ; quand elles s'attaquent aux plus jeunes, à ceux qui entrent dans la vie, riches ou pauvres, elles sont mortelles pour leur âme. La jeunesse a besoin de lointains horizons, de longs espoirs. Que lui offrezvous? les plaintes, les vaines doléances, les regrets pour un passé qu'elle n'a pas connu. Elle a besoin d'air, de vie, de mouvement. Vous lui présentez des récriminations sans issue, des œuvres vieillies qu'elle n'a pas eu la joie de fonder, un mouvement dans le vide semblable à celui des ailes poussées par le vent d'un moulin sans mouture. L'action, l'action qui féconde, qui produit, qui crée, qui laisse sa trace, voilà ce qu'elle aime ; la jeunesse porte avec elle des illusions sans bornes ; laissée à elle-même, elle est généreuse ; elle veut le bien et le sait possible. Elle a horreur de la routine et se croit toute puissante. Servons-nous de ses qualités, usons de son incomparable élan que n'ont pas refroidi les années. Chez les jeunes gens,