LA JUSTICE DE L'HISTOIRE
s. Après vingt ans d'un régime
L'histoire a ses vengeance de ce pays, elle enré-
de diffamation contre le parti anglais gistre aujourd’hui le fait écrasant d’un premier ministre
anglais ayant à combattre le même régime dans Québec même s’opposant à l'élection de l'enfant d’une mère française, d'un fils du vieux Québec, appelé dans les conseils de la nation,—oui, je le repète, par un Premier Ministre anglais et protestant, contre l’Opposition des simulés d’un Premier Ministre français et catholique!
Un Thiers ou un Hanotaux écriront un jour cette page d'histoire dont les honnêtes libéraux ne voudront plus être
responsables.
NÉ
— d1 —— NOTRE PAYS
Nous voulons garder pour nous, avec nos frères les anglais, un pays qui soit à nous, qui porte l’empreinte de notre double mentalité, de notre âme blindée de France et de Saxon, dont le sang riche coule sur la terre des Flandres, pour nous unir à jamais dans une liberté gagnée et payée en commun. Si douloureuse qu’elle soit, bénie tout de même soit l’heure présente où deux mères patries, anciennes rivales se disputent nos cœurs partagés, s’étreignent dans les bras l’une de l’autre pour proclamer qu'elles s'aiment et qu’elles sont sœurs, et que leurs fils sont frères à jamais.
Bénie soit l’heure où se réalise l’espoir suprême du vieux soldat de Carillon, enseveli mais vivant aujourd’hui
‘’Mes compagnens, d’une douce espérance.
Leurs cœurs bercés d’espoir toujours français. Les yeux tournés du côté de la France
Diront enfin, reviendront-ils jamais ?”
La France revient, la France est revenue ! non pas comme jadis, avec des corvettes, et des canons, pour conquérir un territoire sauvage et ennemi, mais sous le souffle des brises de Verdun et de la Marne pour conquérir l'amour et l’admiration de tous, et règner en égal sur le cœur de tous les canadiens.
Nous ne voulons pas de l'annexion qui effacerait cette alliance féconde et fruit de tant d'années. Nous ne voulons pas non plus de l’indépendance qui nous forcerait, trop jeunes encore, à faire face en armées et en navires de guerre aux plus fortes puissances du monde. L'Italie, le Mexique et les Balkans nous instruisent assez du sort réservé aux nations trop faibles qui combattent pour elles mêmes et pour tenir en respect les puissances étrangères !
Nous voulons l’association dans la défense, nous voulons la liberté dans la communauté de droits et de devoirs, nous vo’ ons l’Empire Britannique gardien de ses aspirations.
Laissez-moi emprunter la voix de l’un des fils les plus distingués de l’héroïque France, pour savoir ce qu'est l’Empire:
Histoire de la guerre de 1914 par Gabriel Hanotaux, page 256.
& Monsieur Asquith a tenté une définition de l’Empire—qui, quoique noble et majestueuse, est encore inférieure à la réalité : “Qu'est-ce que pour nous que l'Empire? Ce n’est pas un syndicat pour l'exploration et l'exploitation des races du monde; ce n’est pas une simple association commerciale, fondée sur la communauté des profits et des pertes ; ce n’est pas uniquement une société d'assurance mutuelle pour la protection de ses membres contre les attaques du dehors. Pour nous, la signification et la valeur de l’Empire résident dans ce fait que, malgré tous ses échecs et toutes ses fautes, malgré tous ces points faibles et toutes ses taches sombres, il constitue le plus grand et le plus fécond essai que le monde ait encore vu, d’une union corporative de communautés libres et émancipées.—Une pareille conception de l'Empire, loin de paralyser, stimule au contraire les aspirations et les efforts de tous, pour que le sort de tous soit sans cesse amélioré.—C’est à nos hommes d'état de faire en sorte que l'Empire mérite qu’on désire y vivre et qu’on accepte (volontairement) de mourir pour lui.”
(Hanotaux continue, p. 260). L'Angleterre est devenue, pour des centaines de millions d'individus, le fournisseur, le convoyeur, l’instructeur indispensable. Si cette vigilance protectrice, parfois détestée, venait à leur manquer, ils la réclameraient eux-mêmes. L'Angleterre est pareille à ses grands magasins qui monopolisent le commerce du monde : On se plaint de leur existence, on se plaindrait plus encore de leurs disparitions. —Le monde, habitué au léger tribut prélevé par l’activité britannique, défend la ‘paix anglaise” qu’il connaît et dont il jouit.” ;
Comme l’homme s'associe à son semblable pour former
le viliage; comme le village s’associe au village voisin pour former le comté; comme le comté s’associe au comté voisin vour former la province, et la province à la province pour former l’Etat afin de partager entre eux les travaux trop lourds pour une seulc épaule mais légers pour toutes.—Ainsi dans l'association des nations, dans l’Empire nous cherchons à par tager entre plusieurs, pour le rendre plus léger et aussi plus équitable, le fardrau des armements et de la poliec du
monde.
Commenci ceux qui croient à ia vérité de l’enseignement
du Christ et à sa ‘’>ctrine d'amour peuvent-ils rejeter un si noble idéal, sans se proclamer comme les Boches, de la doctrine de la force brutale et du mensonge, et ennemis du règne de la paix prédite à la terre.