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Tant y a que ce traité est imprimé. C’est peut-être le premier, me dit-on, — le second, tout au plus, si toutefois le traité de Portsmouth n’a pas été simplement daetylographié. Mais ici, l’ampleur même de l'instrument, qui ne comporte pas moins de quatre cent quarante articles et qui, imprimé en français et en anglais, on l’a dit, remplit, jusqu'aux signatures, deux cent douze pages et demie de texte, comme aussi le nombre des parties contractantes, et done d’exemplaires à fournir, créaient une obligation inéluctable de recourir à la presse.
C’est, tout naturellement, à l’Imprimerie nationale que fut confiée la mission d'imprimer le traité de Versailles. Elle attela aussitôt à la tâche son personnel d'élite,
Bien des bibliophiles, des amateurs de curiosités, de raretés, vont sans doute s'appliquer désormais à rechercher et à collectionner, autant que possible, les éditions suecessives de cet ouvrage historique. D’aueunes, ils le savent d'avance, leur sont à tout jamais inaccessibles; d’autres, au contraire, peuvent très bien, au bout d’un temps donné, parvenir en leurs mains. Qu'ils soient persuadés, en
tout cas, qu’on pourra toujours, et à coup sûr, reconnaître la provenance d’un exemplaire quelconque: chaque édition a sa marque distinctive.
Avant la première édition officielle, dont un exemplaire fut remis solennellement aux plénipotentiaires allemands, au Trianon Palace, le 7 mai 1919, il y avait eu, du travail en gestation, six tirages au moins, sur les exemplaires desquels travaillèrent successivement les diplomates et leurs collaborateurs, et qu'on modifiait au fur et à mesure que se produisaient des corrections ou des modifications du texte.
Cette édition, dont un seul éxemplaire était prêt le 7 mai, portait ce double titre, en français et en anglais: Conditions de Paix — Conditions of Peace, qui ne variera plus, sur les éditions successives, jusqu'à l'édition ne varietur, dont le premier exemplaire reçut, le 28 juin, les signatures des représentants des « Hautes Parties contractantes », et qui porte comme titre: Traité de Paix entre les Puissances alliées et associées et l'Allemagne et protocole signés à Versailles le 28 juin 1919, avec la traduction en anglais. \
Ce fut done sur l’exemplaire qu’on leur avait remis au Trianon Palace que travaillèrent le comte Brockdorff-Rantzau et ses collaborateurs. À mesure qu’on leur accordait quelques modifications, on corrigeait sur formes et l’on procédait, pour les besoins du service, à de nouveaux tirages, à chiffre restreint. Il y en eut un qui, remis le 16 juin à la délégation allemande, avait coûté tant de travail, qu’on le baptisa, au secrétariat général de la Conférence, « le Livre d’or ». Il portait, écrites à la main, à l’encre rouge, les modifications faites à la demande des plénipotentiaires allemands. On avait vu dans l’adoption de ce procédé un moyen de souligner les concessions accordées. Eux, pourtant, ne le voulurent pas entendre ainsi, et, avec leur foi germanique, arguèrent que ces corrections ne présentaient aucune garantie de conformité, d’exactitude. C’est alors que fut tirée la dernière édition des « Conditions de Paix », laquelle leur fut remise le 19 juin : les clauses définitives qu’elle contenait devaient être approuvées « dans le plus bref délai ». On sait qu’elles le furent.
Des exemplaires de ce même tirage furent distribués aux parlementaires, à la presse. Ils portaient, imprimée obliquement sur la page de titre, soulignée d’un filet, la mention: Epreuve avant tirage définitif.
Toutes ces éditions successives sont du format grand in-4°, — le format officiel courant.
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Cependant, l'instrument définitif allait être imprimé sur n-folio. Connaissant l’esprit de chicane des Allemands, dont on avait eu une preuve supplémentaire au sujet du « Livre d’or », on remit au successeur du comte Brockdorif- Rantzau, avant la cérémonie de Versailles, des épreuves de ce même format, tirées sur les formes désormais « serrées » définitivement, sur la même composition qui allait servir au tirage de l’exemplaire de Versailles, — une véritable « tierce », comme on dit en terme de métier, du traité authentique lui-même. Après quoi, les machines de l’Imprimerie nationale roulèrent. La veille seulement de la date solennelle, à 10 heures du matin, elles avaient achevé leur besogne. Et au quai d'Orsay on bénit M. Jacquot, directeur de l'exploitation à l’Imprimerie nationale, qui avait assuré à écrasant.
L’instrument diplomatique, celui qui fut signé dans la galerie des Glaces, est imprimé sur japon authentique, à la forme : un papier admirable. La première page des signatures et des sceaux, reproduite ci-après, montre le dispositif de la mise en pages, sur deux colonnes, avec un encadrement de filets rouges.
À mesure que se poursuivait le tirage, on préparait l'assemblage des feuilles. A l’emporte-pièce, l’un des collaborateurs du secrétariat général de la Conférence, le capitaine Pépin — l’homme le mieux documenté qui soit sur tous ees à-côté d’un grand acte perca les œillets par où devait passer la faveur rouge destinée à recevoir les sceaux, garantie suprême de l'intégrité du traité. La dernière feuille prête, on procéda au brochage. Ce premier traité imprimé, peut-être, est, à coup sûr, le premier broché, car les traités jusqu'ici se présentaient sous forme de cahiers, les feuilles encartées l’une dans l’autre. Une bro-
temps la livraison de ce travail
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