‹ Un dossier--La fiammina contre OdetteChapitre 1 sur 19 · DN DOSSIER · texte numérisé non relu

DN DOSSIER

Auguste Vitu en tête, prétendant s'en tenir au mot judicieux d'Alphonse Karr, affirment à nouveau que la Propriété littéraire est une propriété!,.

C'est donc entre ces deux thèses que le tribunal et les juges vont être appelés à décider.

Pour éclairer le fond de cette affaire nous reprendrons les choses à leur début.

Voici, tout d'abord, les lettres publiées par le FigarOy dans ses numéros des 13, 14 et 15 décembre 1881 :

Mon cher Monsieur Magnard,

Une discussion, toute de camaraderie, entre Sardou et moi, soulevée à propos d'Odette, et déjà rapportée par des journaux, prend des tournures si absurdes qu'il me faut la réduire bien vite aux conditions d'estime et de bonne confraternité dont nous ne saurions pas nous départir. On parle de procès de œntrefaçon. Un tas d'inimitiés envieuses (que je lui jalouse) et que gêne son trop incontestable talent, m'envoient des dénonciations stupides sur de prétendus plagiats, en des lettres aussi saugrenues qu'anonymes. Pour ces amateurs de scandales, enfin, il m'appartient de poser le débat dans les termes dont il ne peut sortir de Sardou à moi, c'est-à-dire avec toute la franche sympathie que je ressens pour, lui, pour son esprit d'un titre si rare parmi nous, et qui vaut qu'on l'admire même en s'en plaignant. 11 s'agit enfin d'une question littéraire des plus hautes à décider, et après le jugement de

LA FIAMMiffA CONTRE ODETTE 3

laquelle, quel que soit le vaincu dans cette lutte, nous nous donnerons une bonne poignée demain.

Le Figaro est une tribune ouverte à toute idée de grand essor; voulez-vous m'y accueillir?... Oui!

Merci I et bien à vous,

Mario Ughard.

P. S. — Mes lettres à Sardou, engageant cette affaire, établiront d'emblée le caractère amical des revendications que j'y hasarde.

Voici ce que je lui écrivais le 30 novembre :

Mon cher Sardou,

En vous complimentant, l'autre jour, sur votre Odette, que j'avais vue la veille, grâce aux fauteuils que vous m'aviez donnés, j'étais au fond d'autant plus sincère que^ à cette seconde représentation, j'avais été fort complimenté moi-même (entre autres par de Pêne), à ce rappel de ma Fiammina.

Depuis lors des journaux se sont itiêlés de la partie, et voici que notre rencontre heureuse sur le même sujet acquiert les proportions d'un événement littéraire. On me parle d'une grande question de principes, intéressant la France, au point de vue du pillage de nos œuvres à l'étranger ! — Comment réclamer nos droits, dit-on, si Ton peut nouii objecter que nous pratiquons, même entre nous, certaines licences contre lesquelles nous protestons

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