ACTE PREMIER
VIGNAL
Et le mari?
MORONIS.
Jetée par force dans ses bras, comment Teût-elle aimé?... Il l'a méconnue dès le premier jour. Plus tard, ce fut pire. Brutal, joueur, libertin, il n'a reculé devant aucun outrage. Et si elle ne s'est pas définitivement séparée de lui, c'est à cause de leur enfant !
VIGNAL
Ah! il y a un enfant?
MORONIS.
Qui m'est déjà cher comme s'il était mien!... six ans! Tout le portrait de sa mère !
VIGNAL
Votre mariage est donc résolu ?
MORONIS.
Elle ne s'est pas encore prononcée. Mais je la connais trop loyale pour encourager mes espérances, si elle ne les partageait pas.
VIGNAL
Alors ce grand événement s'accomplirait bientôt ?
MORONIS.
Superstitieux comme tous ceux qui aiment, j'ose à peine espérer que ce sera dans six mois, à l'expiration de son deuil... C'est même à ce sujet que je voulais solliciter de toi une promesse.
VIGNAL
Une promesse ?
MORONIS.
Je voudrais que tu nous maries.
YIGNAL.
Compte sur ton vieil ami. Je reviendrai à Paris tout exprès!
MORONIS, lui prenant la main.
Merci, Jacques ! Je ne saurais te dire à quel point je suis touché. Il me semble que tu me porteras bonheur.