SCÈNE VII VIGNAL, SUZANNE
SUZANNE, entrant par la droite.
Mon père, j'ai une grâce à vous demander.
VIGNAL) remettant sur la chaiBe manteau et chapeau.
Une grâce à moi !... Je n'ai pas l'honneur de vous connaître, madame.
SUZANNE
Il n'est pas nécessaire que vous me connaissiez!... Les âmes en détresse n'ont-elles pas le droit de s'adressera vous?
VIGNAL
Que puis-je pour la vôtre?
SUZANNE
M'entendre en confession.
VIGNAL
N'avez-vous pas un directeur?
SUZANNE
Je suis empêchée, en cette circonstance, de m'adresser à lui.
Pourquoi ?
SUZANNE
C'est un secret de conscience.
VIONAL.
Je ne puis donc juger vos motifs. Mais, à moins que celui qui est accoutumé à vous diriger ait cessé de vous inspirer confiance, il serait plus sage de ne pas vous priver de ses avis. Us auraient sur les miens l'avantage d'être dictés par une plus longue connaissance de votre âme.
SUZANNE
N*arrive-t-il donc jamais qu'une pénitente éprouve quelque embarras à se confier à son confesseur ordinaire?
VIGNAL, sévèrement.
Ah !.., je vous comprends... Votre préoccupation n'est pas digne d'une chrétienne, madame.
SUZANNE
Alors, vous refusez de m'entendre?
VIGNAL
Je ne confesse jamais! Du moins, aussi rarement que possible! Ma profession monastique me permet de me soustraire à ce dangereux devoir.
SUZANNE
J'ai cependant besoin de vos conseils.
VIGNAL
Il n'en est qu'un que je puisse vous donner... Si vous persistez à décliner la compétence de votre confesseur habituel, alors, en sortant d'ici, entrez dans le premier confessionnal venu. En parlant au prêtre, quel qu'il soit, qui ne verra pas votre visage, mais qui vous écoutera, c'est à Dieu lui-même que vous parlerez.
SUZANNE
' Me comprendra-t-il, ce prêtre?