SCÈNE II CERIZET, JEANROD
JEANRODy à Cerizet qui entre son chapeau à la main.
Que désire monsieur ?
CERIZET.
Madame la comtesse de Yéran.
JEANROD, hautain.
Madame la comtesse est souffrante.
CERIZET.
Annoncez-moi quand môme... quand elle saura qui je suis....
JEANROD.
Les ordres que j'ai reçus ne me le permettent pas... mais peut-être me sera-t-il possible de vous répondre.
CERIZETJ & part.
Au fait, pourquoi pas ! (u met son chapeau et tire de sa poche un carnet et un crayon.) Eh bien ! mOUSieur (interrogeant.) Mousicur?..
JEANROD.
Jeanrod... Baptistîn Jeanrod, maître d'hôtel chez madame la comtesse de Véran, ancien valet de chambre de feu M. le comte.
CERIZET.
Ah I c'est vous qu'on a d'abord soupçonné d'être l'auteur du crime?
Et même j*ai été arrêté et tenu trois jours au secret.
GERIZET.
Au secret... (ÉcriTwit.) Jeanrod, victime d'une erreur judiciaire... (Parlé.) Enûn, on vous a relâché.
JEANROD.
Faute de preuves... Et aussi parce que madame la comtesse a plaidé ma cause.
GERIZET, écrivant sur son carnet.
• Noble conduite de madame la comtesse de Yéran.
JEANROD.
Monsieur veut-il me dire ce qu'il attend de moi ?
GERIZET.
Voici : M. le juge d'instruction Gérard a convoqué pour ce soir les diverses personnes qui ont soupe chez votre maître, à cette table, sans doute, durant la nuit où il est mort.
JEANROD.
Comment monsieur sait-il?... Cette réunion devait demeurer secrète.
GERIZET.
Je sais tout, monsieur Jeanrod... et quand j'ignore, je m'arrange pour savoir... C'est dans ce but que je vous demande de me faire assister à la séance qui se prépare. Cachez-moi dans un coin.
JEANROD.
Vous cacher ! monsieur veut rire.