SCÈNE VIII
Les Mêmes, MAURET.
MÀURET, il va vers le groupe des hommes qui lui serrent la main.
Suis-je en retard ?
DALBERT.
Non... le juge d'instruction n'est pas encore là!
MAURET.
Je sors du théâtre... Une belle première. Aussi, n'ai-je
filé qu'après le second acte, (eu se retournant, il aperçoit Rose assise sur le canapé et causant avec Olga et Gisèle. Il va de son côté.) Il faut doUC
que je vienne ici pour vous retrouver!... Allez- vous enfin m'expfiquer...
ROSE
Vous expliquer quoi ?
MAURET.
Votre conduite à mon égard.
GISÈLE, à Olga.
Laissons-les s'expliquer.
Elles rejoignent le groupe à gauche.
MAURET.
Avant-hier dimanche, nous sommes sortis ensemble de cette église où j'aurais aussi bien fait de ne jamais vous conduire. Vous m'avez déposé à mon cercle. 11 était convenu que j'irais dîner avec vous. A sept heures, je frappais à votre porte; elle était close, au moins pour moi. Vos gens ne vous
avaient pas vue. J*ai dû me retirer et me résoudre à dînei seul. Dans la soirée, je suis retourné chez vous ; madame n'était pas rentrée ; et quand j'ai fait mine de vous attendre, on s'est décidé à m'avouer que vous étiez à la campagne,
ROSE
On vous a trompé, j'étais chez moi.
HÂURET.
Vous y étiez ! Voilà qui est bizarre.
ROSE
Mon cher, vous avez trop d'esprit pour ne pas comprendre ce que cela veut dire.
MAURET.
J'ai donc cessé de plaire?
ROSE
Vous plaisez toujours autant. Mais j'ai assez de ces comédies que je vous joue et de celles que vous me jouez... De vos mensonges, des miens, de votre passion, de vos feints dévouements, de vos protestations calculées, de toute la pourriture que nous remuons, je suis lasse jusqu'à l'écœurement.
MAURET.
Mais c'est le dernier sermon de votre moine qui voui inspire.
ROSE, se lerant et passant à gauche.
Peut-être...
MAURET.
Ou son charme qui opère. Un triomphe pour lui !
ROSE
Oh I Mauret, n'allez pas me gâter l'aimable souvenir qu je suis disposée à garder de vous.