TE TROISIÈME
LE PRÉSIDENT
Votre profession?... (cisèie ne répond pas.) Passons... Vous n'êtes ni la parente, ni Talliée de l'accusée... Vous jurez de parler sans haine et sans crainte, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité... Levez la main droite.
Gisèle lèTe la main gauche.
l'aUDIENCIER, à demi-voix.
La main droite, (cisèle lëre la main droite. H lui bouffle.) Je le
jure.
GISÈLE
Je le jure.
LE PRÉSIDENT
Dites ce que vous savez... (ciaèie garde u silence.) Allons, parlez...
GISÈLE
Je suis si troublée.
LE PRÉSIDENT
Voulez- VOUS que je vous interroge?... Vous connaissez Rose Morgan ?
GISÈLE
J'étais son amie...
LE PRÉSIDENT, à Rose.
Vous avez été au courant de sa liaison avec M. de Véran? Vous n'ignoriez pas que cette liaison était fréquemment troublée par des querelles.
GISÈLE
Je le savais... tout le monde le savait...
LE PRÉSIDENT
Quelle était la cause de ces querelles ?
GISÈLE
M. de Véran se plaignait des exigences pécuniaires de
ROSE
Elle ne dit pas la vérité, monsieur le président. Elle me déteste et veut me perdre. Elle ne me pardonne pas d'avoir empêché M. de Véran...
GISÈLE
Je ne vous l'ai jamais disputé... Si j'avais voulu...
Bruit.
CERIZET, à la baronne.
Elle est tordante.
LE PRÉSIDENT
Témoin, ne répondez pas à l'accusée, (piua doucement.) N'oubliez pas que vous avez juré de parler sans haine et sans crainte, de ne dire que la vérité.
GISÈLE
C'est la vérité que je dis... Ce n'est pas de ma faute si Rose avait mauvais caractère, si elle était insatiable... On la connaissait bien... Tous ses amants lui ont adressé le même reproche.
LE PRÉSIDENT
Par conséquent, lorsque le soir du crime, en arrivant pour souper chez M. de Véran, vous l'avez entendu se disputer avec sa maîtresse, vous n'avez eu aucune peine à discerner le motif de leur dispute.
GISÈLE
Je n'ai pas hésité. Je me suis dit : elle veut encore lui pincer quelques billets de mille... (Rires.) et il résiste.
LE PRÉSIDENT
Vous étiez présente à l'arrestation?