ACTE TROISIÈME
GISÈLE
Oui, monsieur.
LE PRÉSIDENT
En avez-vous été étonnée?... (siience de Gisèle.) Vos soupçons ne s'étaîent-ils pas déjà portés sur Taccusée... Répondez!,.
GISÈLE, larmoyante.
Il m'en coûte tant d'accuser une ancienne amie...
Rires.
LE PRÉSIDENT, aux jurés.
Messieurs les jurés m'approuveront de ne pas pousser le témoin à en dire davantage. Sa déposition ne nous apprend rien.
l'avocat GÉNÉRAL.
Elle établit cependant, d'une manière indiscutable, ce qui avait été déjà presque unanimement constaté, la cupidité de Rose Mjrgan. C'est un des principaux éléments de l'accusa^ tion. On ne saurait trop le mettre en lumière.
le président, &R08e.
Accusée, avez-vous quelque chose à répondre à la déposition que vous venez d'entendre.
ROSE
Un seul mot monsieur le président. Cette femme amenlii
LE PRÉSIDENT
C'est ce qu'auront à décider messieurs les jurés (a Gisèle.) Allez prendre place au banc des témoins.
Gisèle ya s'asseoir à côté d'Olga. Çruit.
GISÈLE, & Olga.
Me voilà avec une ennemie sur les bras.
OLGA
C'est qu'aussi, ma chère, vous n'avez pas été bonne camarade.
GISÈLE
Je n'ai rien inventé cependant.
OLGA
Oh I vous avez bien exagéré.
LA BARONNE, & Cerizet.
Je commence à douter de la culpabilité de cette malheureuse.
CERIZET.
N'en doutez pas madame.
MORONIS.
Êtes- vous sûr, monsieur ?
CERIZET.
Aussi sûr que peut l'être un des premiers reporters de la presse de Paris.
LE PRÉSIDENT, taul en parcourant son dossier.
La liste des témoins étant épuisée...
UN JURÉ
Mais la comtesse de Véran n'a-t-elle pas été assignée, monsieur le président?
LE PRÉSIDENT
C'est justement sur ce point que j'allais m'expliquer, quand vous m'avez interrompu... Vu le peu d'importance des renseignements fournis à l'instruction par madame de Véran, vu surtout la situation douloureuse que lui crée ce procès, nous avons décidé, d'accord avec le ministère public et la défense, de lui épargner les émotions d'une comparution