ACTE TROISIÈME
en Cour d'assises, (cherchant dans les dossiers onverts devant lui.) Mois
voici sa déposition écrite dont je vais vous donner lecture. (Lisant.) « Aujourd'hui, cinq octobre, par-devant nous, juge d'instruction, a comparu Sidonie-Ermance- Suzanne de Sainte-Alvère, veuve du comte Adalbert de Véran, laquelle, après avoir prêté serment, nous a fait la déclaration suivante :
« Dans la nuit du premier au deux octobre, revenant du château des Gloser ies que j'habite ordinairement, je suis arrivée à Paris par l'express de Bretagne que j'avais pris à Rambouillet. Une voiture m'attendait à la gare. En moins d'un quart d'heure, j'étais rendue à l'hôtel de Véran. Comme je n'avais fait ce voyage que pour entretenir mon mari de diverses questions d'intérêt et que je voulais repartir le lendemain pour la campagne où j'avais laissé mon enfant, dès mon arrivée, j'ai demandé à parlera M. de Véran. C'est ainsi que j'ai su qu'il avait donné à souper, ce soir-là, à quelques amis et que ceux-ci n'étaient pas encore partis. J'ai dû me résigner à attendre une heure plus propice pour
le voir et causer avec lui. (a ce moment, le garçon de salle qui est Boni pendant cette lecture rentre, tenant à la main un billet. U reste debout derrière le président et attend.) Je me SUis COUChéo et endormie.
Je n*ai donc rien su de ce qui a pu se passer ensuite, et c'est seulement le matin, à mon réveil, que j'ai appris le terrible événement qui me faisait veuve! » A cela se borne la déposition de madame de Véran. Vous voyez, messieurs, qu'elle n*a aucune importance I
LA BARONNE, à Voronis.
U est certain qu'elle ne nous apprend pas grand'chose !
MORONIS.
La comtesse né pouvait raconter ce qu'elle n'a pas vu !
Quand le président cesse de parler, le garçon de salle lui remet le billet; le président rouvre, le lit arec surprise, et le communique aux assesseurs avec leiquels U se consulte. Bruit.
l'huissier. Silence !
LE PRÉSIDENT
Avant de donner la parole au ministère public, je dois faire part à messieurs les jurés d'un incident qui se produit. On me remet à l'instant ce billet. (Mouvement d'attention, u m.) c< Monsieur le président. Étant en mesure d'éclairer la conscience du jury devant lequel a été traduite madame Rose Morgan, je demande à être entendu : vignal, religieux de Tordre des Frères Prêcheurs. »
Explosion de surprise.
ROSE, très émue.
Lui!
Bruit.
LA BARONNE, à Uoronis.
Mais c'est votre ami, le Père Vignal.
MORONIS.
C'est aussi le vôtre, baronne.
LA BARONNE
Que vient-il faire là ?
MORONIS.
S'il est venu, c'est qu'il y avait une bonne action à accomplir.
l'huissier.
Silence !
le président.
Je suis prêt à ordonner, en vertu de mon pouvoir discrétionnaire, que nous entendrons le Père Vignal. Si le défenseur s'y opposait, la cour lui en donnerait acte et rendrait un arrêt ordonnant l'audition.
Rose parle bas à Farget.