ACTE TROISIÈME
UN JURÉ
Mais ce n'est pas une preuve, cela I
VIGNAL
Une révélation au tribunal de la pénitence, que vous taut-il de plus ?
LE PRÉSIDENT, au jury.
• Il est contraire à la loi qu'un juré interpelle un témoin! (a Yignai.) Et vous, mousicur, veuillez ne répondre qu'à moi. Votre affirmation a sa valeur, émanant d'un prêtre. Mais au point de vue juridique, elle est nulle; elle ne peut que créer une présomption morale en faveur de l'accusée! Et encore, à la condition qu'il soit démontré que vous ne vous êtes pas laissé tromper par une confession intéressée ou mensongère !
VIGNAL
Mon affirmation vaut ce qu'elle vaut. Mais elle est l'expression de la vérité I
l'avocat général, avec humeur.
De ce que le témoin dit être la vérité. S'il n'était au-dessus du soupçon, on pourrait lui objecter que l'intérêt qu'il paraît porter à l'accusée...
VIGNAL
Je ne crois pas avoir besoin de répondre à cette insinuation!
LE PRÉSIDENT
Personne ici ne met en doute votre bonne foi !
FARGET, se levant.
Puis-je poser une question, monsieur le président?
LE PRÉSIDENT
Parlez, maître Farget.
FARGET.
Le Révérend Père a dû, je le suppose, adresser au coupable, puisqu'il le connaît, de sévères remontrances, lui observer qu'il commet une action infâme en laissant poursuivre un innocent à sa place. Croit- il que celui dont il parle viendra se dénoncer?
Vignal ne répond pas.
LA BARONNE, à ses voisins.
Oh ! très malin, cet avocat.
11 sait bien que le Père Vignal ne peut lui répondre.
LE PRÉSIDENT
Vous avez entendu la question ?
VIGNAL
Je dois faire comme si je ne l'avais pas entendue, monsieur le président.
FARGET.
Le témoin peut-il nous indiquer au moins à quelle époque s'est formée sa conviction ?
YIGNAL.
11 y a déjà plusieurs semaines.
LE PRÉSIDENT
Mais alors, pourquoi avez-vous attendu jusqu'à ce moment pour parler?
VIGNAL
Quand j'ai connu la vérité, Rose Morgan n'était pas encore