SCÈNE PREMIÈRE
JOSEPHTE et JACOB.
JOSEPHTE
Vous m’parlez en tarmes, Msieu. C’est ben beau ce qu'vous m’dites là, mé j'comprends pas. Vous êtes trop éduqué pour moé. Par cheux nous j’voyons pas
. souvent des mésieux, voyez-vous.
JACOB (avec chaleur).
Ma belle! Ma toute belle! Mon cœur brûle: Ma flamme pour tes beaux yeux me dévore. Je sens mon cerveau se détraquer sous l'empire d’une hallucination amoureuse et mon âme subir un supplice doux et terrible tout à la fois, sous les effluves voluptueuses qui s'échappent de ton être charmant. (1! lui prend la main.) EM
JosepxTe (retirant vivement sa main).
Mé qu'est-ce qui vous prends don ! m’sieu ! Là, vous! à vous êtes tout sali la main! Gé bon pour vous! V'Ià
PR
un heure qu'vous m'’parlez de cuves, de flammes, de JAC brûlures, d’assination, de bric-à-brac, vous êétes-t-1 Tele malade? Laissez-moi don plumer ma volaille, faut dame « que l’dîner se fasse et vous m'faites perdre mon temps. je jure Ah! si mame Cassaquin vous voyait! Quens, allez- Er At vous-en, vous m’faites peur à la fin avec vos grands Faut-il yeux tout chauds! de Ty JACOB. Fénic k | ù de Sa .
Allons, ma chérie, mon petit cœur d’amour, mon ied fe étoile, livre une oreille attentive à mes paroles ar- fon t dentes : perméts à ton adorateur de te rénéter à deux monde genoux la seule parole, la seule que je puisse proférer, courot la seule qui puisse exprimer le bonheur inouï, les exalté jouissances célestes qui m’arcablent. Jet’aime, divine et dan Josephte, je t'aime! (J{ se jette à genoux à ses pieds.) JosEPHTE (étonnée). ! À Fou Cé-t-i ben Dieu vrai qu'vous m’aimez, m’sieu, ane pauvre fille engagée com’ moë! J’vous cré pas: vous avez envie d’m'en faire acrère !
JACOB (mettant la main sur son cœur).
Moi te tromper! moi t'en imposer! moi feindre auprès de toi des sentiments qui ne sont pas dans mon - No cœur! Non, sur mon âme, foi de gentilhomme, par sClau
le nom sacré de mes nobles aïeux, je te jure amour et constance pour l'éternité! Je t'aime, ne le lis-tu pas dans mon œil? Ne vois-tu pas éclater sur ma figure la passion dévorante qui me bouleverse ? Dis, Josephte, 4. doutes-tu encore? Dis que tu m'aimes, soïs touchée. | dé mes larmes et de mon désespoir; ie t'en supplie à deux genoux !
JOSEPHTE. 4 N’brâillez pas, m’sieu, ça serait ben laid. Excitez- : vous pas, j'vous cré, j'vous cré. Vous m'’faites tout de Méêtuv uu urôle d'effet; im’ semble qu'vous m’aimez Four tout d’bon: Eh ben! prorvez-moi lé et pis en- : Suite on verra. |
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JACOB (se relevant et gesticulant vio.emment).
Tele prouver, dnymphe admirable! ô masylphide! dame de mes rêves, Ô idéal de mon âme, oui, je veux, je jure de te le prouver. Faut-il que j’acquière sur les champs de bataille une renommée napoléonienne ? Faut-il que je délivre mon pays des serres de vautour de la perfide Albion ? Faut-il que j’extermine les Fénicas? Eh bien! je suis capitaine dans les armées de Sa Majesté, je verserai le sang hur ain àflots. Mon
led fera crouler les trônes et bouleversera l’univers. fon nom sur les aïles de la terreur foudroyera le monde. Te faut-il des millions, des diamants, une couronne? Je te donnerai tout cela. Mon génie, exalté par ton anour, fera des merveilles dans les arts et dans les sciences, j'irai fouiller... hé.
JOSEPHTE (étonnée).
Fouiller quoi ?
JACOB (continuant).
J'irai fouiller les entrailles de la terre et en ferai
jaillir les trésors qu’elle recèle dans son sein. (Essoufflé.)
aut-il ? Faut-il ?.........
JOSEPHTE
Non! non! m'’sieu, allez seulement m’charcher un
sciau d’eau.
JACOB (continuant).
Faut-il anéantir vosennemis ? Vous mettre dans un
palais? Vous couvrir de soie, d’or et de pierreries ?
Dites, je suis votre esclave, votre chien. Prononcez, choisissez, ordonnez.
JOSEPHTE
Eh ben! m'’sieu, j'vous ordonne d’aller me cri un sciau d’eau et une brassée de bois de poêle.
JACOB (partant en courant).
J'y vais, j'y vais, je me précipite! Que ne ferais-je : point pour vous plaire? (Il va chercher un seau d’eau et l’apporte à Josephte à deux mains, maladroïtement et -en renverse.) :
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