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JOSEPHTE (lui prenant le seau d’eau des mains et le versant dans le chaudron sur le poêle).
Le maladrette! Vous l’avez quasiment tout renversé. Bon, allez vite me cri du bois pour chauffer la soupe et vous emplirez le poêle. Moë j’vas rajuer ma volaille. 4
JACOB (partant).
Oui, ma belle, ma charmante! (JL sort et revient avec le bois.)
JOSEPHTE
Quens, mettez-le là (lui indiquant un coin près du poêle), et fourrez-en comme y faut. (Jacob met du bois dans le poêle et souffle pour attiser le feu.) J'ai pas d’objection d’vous prendre pour cavalier, imé, dites don! qu'êtes-vous ? Dites-moé vot’nom ! Dites-moé étou, queu qu’e’est que vous voulez faire avé moé? C’est i guinque ane blonde en passant que vous voulez, ou bien c’est i l’mariage ?
| 3AcOB ($e relevant et se mettant devant elle dans ; une fière attitude).
Mon nom est illustre, mon nom est aristocratique et ne le cède en rien à celui des plus grands personnages de l’histoire ; mon nou le voici: Jacob Pelo de Patauville junior. Ma fortune est considérable ; j'ai 22 ans, libre de mon cœur et de ma main. (S’inclinant devant elle.) Mademoiselle Josephte Beaupré, voulez-vous être ma femme ?
JOSEPHTE
Votre femme? je l’veux ben; mé faut voir poupa et mouman pour faire les arrangements et mettre les bancs à l’église. Avant ça (prenant le plat aux patates) aide-moé, mon chéri, à éplucher les patates. Quens, prends l’couteau (le lui présentant), et vite.
JACOB (refusant le couteau, lui ôtant le plat des mains et le mettant sur la table).
Non! non | ma belle! Hâtons-nous, laisse là cette
vilaine patates,