LES MÊMES.—UN HUISSIER
L’'HUISSIER
Lequel, messieurs, d’entre vous, s'appelle Jacob Pelo de Patauville ? |
JACOB
Moi!
L'HUISSIER
Voici une lettre pour vous.
JACOB
Donnez!
L'HUISSIER
J’attendrai la réponse.
JACOB (prend la letfre, l’ouvre et la lit).
C’est bien. (S’adressant à Toubeau et Fletcher.) Mes chers amis, veuillez donc me laisser seul une minute avec Francœur. (À l'huissier.) Toï, mon ami, fais-moi le plaisir de revenir dans un quart d'heure, ma réponse sera prête, (L’huissier, Toubeau et Fletcher sortent.)
Re SCÈNE III.
Eh bien! marie-la !
JACOB
Allez suite.
mille, je ñ’ai pas envie d’y entrer par la porte du marlage, comme.un chien battu et content.
FRANCŒUR. | Jyv
jACOB et FRANCŒUR. Atten JAcoB (lui présentant la lettre). a ul 6 : X OU Tiens, lis. comme FRANCŒUR.
Voyons! (Lisant :) | ‘ À Jacob Lelo de Patauville junior, écuyer. Mais, | Monsieur, Je suis chargé par mademoiselle Josephte Beaupré, Ecou de réclamer de vous en justice $400 courant, pour les ment ; : dommages par vous causés à son honneur et réputa- d’un ho tion, par vos pas, démarches et indiscrétions. À dé- diable | faut, par vous, Ge solder cette somme ou de marier Jacques icelle sous quatre jours, je procéderai en justice pour le notaiï | vous y contraindre, par toutes les voies de droit. prières, | Votre serviteur, et ferm | JEAN LE BouRDoN, avec le ae Avocat. de rent:
| Là! dans quel guêpier t’es-tu fourré? Aussi, que ger le tc | . diable allaïs-tu faire dans cette cuisine ? un mot | JACOB.
| Mon Dieu ! je ne sais que faire! Tu es avocat, toi, Ah ! | avise-moi, conseille-moi. | | FRANCŒUR.
Impossible ! Après avoir été abîmé par toute la fa- | | |
Paye, alors !
nm du JACOB.
Mais, je n’ai pas un sou dans ma poche.
Beaupré, , pour les rt réputas. À dée maïtier tice pour oit.
tDON, Avocat.
ussi, que
ocat, toi,
ute la fae du ma-
RE
FRANCŒUR
Attends un peu. Le Bourdon est un de mes amis. Avec un peu d'argent on peut amortir l'affaire. Avec dix ou vingt piastres, un avocat est graissé ; le procès commencé meurt de sa belle mort, et le tour est fait |
JACOB (s’arrachant les cheveux).
Mais, encore une fois, je n’ai pas le sou !
FRANCŒUR
Ecoute, Jacob, ne t’arrache pas le toupet inutilement; trouver un vingt piastres, ce n’est pas la mort d’un homme. Oui, va, pleure comme un veau, fais le diable à quatre, emprunte à Pierre, emprunte à Jacques, jette-toi aux genoux, aux pieds de ton oncle le notaire, s’il le faut, promets-lui mer et monde — prières, médailles et chapelets, conversion, contrition et ferme propos, et reviens dans quelques minutes avec le plus d'argent que tu pourras; dis à l’huissier de rentrer, je vais faire venir Le Bourdon ici, et arranger le tout à l'amiable, du mieux pos&ible, surtout pas un mot de l'affaire à qui que ce soit.
JACOB
Ah ! tu me sauves la vie, j’y cours! (ZI sort.) SCÈNE V.
LE MÊME, L'HUISAIER (entrant).
FRANCŒUR
Allez bien vite dire à Le Bourdon de venir ici de suite.
L'HUISSIER
J'y vais. (Il sort.)