SCÈNE XI
LES MÊMYS, Le BOURDON.
LE BOURDON (entrant).
Mon cher Toubeau !
JACOB (s’avançant sur lui).
Maître Le Bourdon, vous voici ? J’en suis bien aise | Vous êtes un misérable, un polisson, un coquin et un escroc | ;
LE BOURDON
Voici ma réponse, brave à trois poils, noble insulteur derue! (J1 lui lance un verre à la figure.) A-t-on vu pareille insolence ?
JACOB (le prenant au collet).
Ah! vous forgez des lettres! Ah! vous manufacturez des clients! Ah! vous me volez $20! Ah! vous riez de moi! Petit avocat jaune! (Le frappant.) Tiens, voilà pour tes honoraires ! Voilà pour Josephte ! Voilà
our le bonhomme! Voilà pour la bonne femme!
iens! Tiens! (On les sépare.)
LE BOURDON (se frottant).
M'expliquerez-vours, à la fin, ce que cela signifie ?
JACOB
Cela veut dire, maître Jackass, que vous m'avez volé $20 tout à l'heure, et qu’il me les faut de ‘suite,
LE BOURDON (avec violence).
Des excuses, moi! non, non! Un avocat, un membre du barreau! un défenseur de la veüve! un protecteur de l’opprimé! un soutien de l’orphelin ! ainsi odieusement insulté dans son ministère, dans l’exercice de sa profession ! Votre sang, jeune homme, paiera cet outrage infâme |
JACOB
Finissons-en. Battons-nous. Etes-vous assez brave pour rencontrer, en champ clos, face à face, un officier de Sa Majesté ?
LE BOURDON
Vos armes, votre heure et le lieu ?
JACOB. v
… Le pistolet, huit heures du matin, demain, dans le bois derrière la ville, à l’endroit que choisiront nos témoins. Le combat ne finira que par la mort de l’un de nous, et je vous tuerai, misérable |
LE BOURDON (haussant les épaules).
C’est ce que nous verrons, milord la crampe, duc de la cuisine et marquis du pot-au-feu ! J'ai bien peur
que Josephte ne se couche veuve, double et triple veuve, demain soir. Au revoir, beau croquemitaine ! et vous, messieurs, à demain. (JZ? sort.)