S ACTE IL
1, Jacob se dir d'un SCÈNE LI.
erai du Le théâtre représente une clairière dans un bois, un rocher à na vail- gauche.—Francœur et Pinard sont assis au pied d’un À tuerai ! arbre.—Le Bourdon est debout.—A ses pieds une boîte contenant des pistolets.
armes, | eh ; LE BOURDON (regardant à sa montre).
ossible | Huit heures et dix, et personne ne vient! Ah ça! ed.) Il la farce serait-elle déjà finie? Diable! Patauville, ce temps.) ‘D’ brave Patauville, aurait-il eu peur? Mais, non! je
les vois venir là-bas! Dites donc, vous autres, ne faites pas de bêtises! De la poudre dans les pistolets ra cessé tant que vous voudrez, bourrez-les jusqu’à la gueule, eur, ou passe, cela me va ; maïs, entendez-vous, pas la moindre \ main. parcelle, pas un atome, pas un scrupule de balle ni de plomb ! sinon, sauve qui peut !
rville.
le PINARD (à Le Bourdon).
n? Je Ne crains rien. C’est trop drôle, j’en crève! et mes . ET et ) “Je FRANCŒUR.
ntalon P'sit ! je les vois venir.
u mo
dan PINARD(à Le Bourdon).
at, ma Sois sérieux et garde ton sang-froid.
en ree ne 3 $ SCÈNE IL.
nior. LES MÊMES, JACOB, SWEENEY, TOUBEAU
fidèle, et FLETCHER.
eune| . LE BOURDON (allant au-devant d’eux).
| Bonjour, messieurs, nous vous atte.dons depuis un quart d'heure.
Le JR
JACOB
Pardon, il nous a été impossible de venir plus tôt. Vous serez moins pressé tantôt.
FLETCHER
Paix, messieurs ; à l’œuvre, voyons, M. Le Bourdon. Il est toujours pénible d’en venir aux mains. L’un de vous peut rester sur le terrain, faites des excuses ; dites que vous regrettez ce que vous avez fait, M. de Patauville acceptera et tout sera dit.
LE BOURDON. Jamais.
FLETCHER
: Alors, à l’œuvre, messieurs Pinard et Francœur, témoins de monsieur Le Bourdon, venez avec moi charrer les pistolets, et vous, messieurs Jacob et Le
ourdon, veuillez vous retirer à l’écart. (Le Bourdon ét Jacob se retirent. Les quatre témoins se réunissent. Fletcher ouvre la boîte, et on commence à charger les armes.)
SWEENEY
C’est nous prendre des balles rondes ou des balles coniques ?
TOUBEAU.
Des balles coniques seraient mieux, car elles tuent plus raide !
PINARD
C’est bien, prenons-les, car c’est un duel à mort !
JACOB (lugubre, à part).
À mort! Seigneur, j’étouffe.
LE BOURDON (à part).
Ces imbéciles-là sont capables de mettre des balles ! (Francœur lui fait un signe de tête.)
plus tôt.
Bourdon. 8 Lun excuses ; it, M. de
œur,. témoi charb et Le Bourdon unissent.
8 armes.)
>s balles es tuent
1ort !:
balles !
ss DT
PINARD
Allons, Fletcher, une seconde balle à il faut au moins que ces messieurs se tuent comme il faut.
JACOB (à part).
Mais ils veulent donc me faire cribler? Jésus! je n’en reviendrai pas !
FLETCHER
À dix pas, n'est-ce pas ?
FRANCŒUR
Oui.
PINARD
À cinq pas, cela serait mieux !
JACOB (à part).
Mé, mé, mé! il est enragé, celui-là!
: LE BOURDON (à part).
Oui, le beau plan ! .un jeu pour me brûler mon habit
neuf !
FLETCHER
Non, non; à dix pas, c’est plus que suffisant. Allons, Sweeney, mesure la distance.
SWEENEY (marchant et comptant à chaque pas: one, two, three, etc., jusqu’à ten.) JACOB (le regardant, à part).
Ah! comme il fait ses pas petits !
FLETCHER (à Jacob et Le Bourdon).
Messieurs, placez-vous! (Les témoins placent les combattants, leur donnent les armes et se retirent à l’ecart.) Allons, Sweeney, faites votre devoir !
SWEENEY
€ À moé crié one, two, three; c’est vos tirer quand Sau
moé crié three. C’est vous ready ?
TOUBE
LE BOURDON et JACOB. h |
Oui! | Il 6 SWEENEY. | transp Well! Ecoutez: One !...... two !.... three ! (Jacob | et Le Bourdon tirent.) wa Ma
JACOB (à Fletcher).
Tu m'as trompé; i! n’y a pas de balles dans mon pistolet, sans cela, je l’aurais tué ! Et lui, mon Dieu ! Ve
ses balles m'ont sifflé aux oreilles ! une d’elles a percé sorten mon habit ! | $ FLETCHER.
Vise bien, cette fois, et sois tranquille !
SWEENEY
C’est vos recommencer! (On recharge les pistolets, qu’on divre aux combattants.) C’est vous ready ? Re JACOB et LE BOURDON. est b Oui !
SWEENEY. Di Ecoutez : One !...... two !...... three ! (Jacrb et Le mon
Bourdon tirent.) LE BOURDON (tombant à la renverse en portant la main à sa poitrine). F' Ah ! je suis mort !
. JACOB. | M N Mon Dieu ! je l'ai tué ! | * (Tous, sauf Jacob, entourent Le Bourdon.)
FLETCHER et TOUBEAU (à Jacob). son Run ! Patauville ! run ! que
tn 0 vom PINARD et FRANCŒUR (à Jacob).
Sauvez-vous, Patauville ! sauvez-vous !
r quand TOUBEAU (penché sur Le Bourdon, l’examinant et lui tâtant le pouls).
Il se meurt ! Les balles lui ont fracassé le cranium, transpercé les temporaux et fracassé l’occiput. l (Jacob À PINARD (à Jacob).
Mais, sauvez-vous don !
HET mon SsWEENEY (allant à Jacob et l’entraînant). n Dieu ! | à 2 s a percé Venez ci, vos suivre moé, courons ! (Jacob et Sweeney sortent en courant.) SCÈNE III.
LES MÊMES (moins Jacob et Swéeney).
, qu ON . . FRANCŒUR.
LD
Ressuscite, Le Bourdon! ressuscite, va! Patauville est bien loin | LE BOURDON (se levant).
b & Le Diable ! il était temps. Docteur, comment se porte mon cranium et mon occiput ?
TOUBEAU.
Fort bien ! Ce duel-là te fait du bien !
FRANCŒUR
Mais, où diable Sweeney mène-t-il Pelo ?
FLETCHER
I1 va le cacher quelque part dans ce bois, chercher son portemanteau, sa canne et son chien qui sont à : quelques pas d'ici, et l'envoyer, armes et bagages, je
Len | un
ne sais où ; il m’a dit que nous l’attendions, cachés aux alentours, a afin d'assister à la scène du départ.
PINARD
C’est cela, il ne reste plus que la dernière salade, goûtons-y ; maïs où diable se fourrer ?
FRANCŒUR
Derrière ce rocher et ces arbres faits exprès, pour nous. Allons, ne soufflons mot. (ls se cachent.)