SCÈNE YIIL
DE SUZE, DE FIESQUE, BALAGNIER, seigneurs.
DE SUZE
Salut, de Fiesque. Eh bien I que dit-on de nouveau chez le cardinal ?
DE FIESQUE
Oh ! pas grand' chose. Mais vous, de Suze, qui êtes un raffiné , donnez-moi donc des détails sur le duel de ce matin entre le duc de Chevreuse et de Launay. Il paraît que i'afTaire s'est passée à merveille , et que de Launay a reçu un furieux coup d'épée. Est-il mort ?
DE SUZE
A peu près ; et son médecin s'est chargé de l'achever.
DE FIESQUE
Maubreuil, son second, ne l'a-t-il pas vengé ? c'est une bonne lame.
DE SUZE
Maubreuil avait à faire à plus fort que lui , à ce cher abbé de Gondi , qui d'un coup d'estoc l'a cloué sur place. Tout l'avantage est resté du côté de Chevreuse. Victoire complète.
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DALAGMER.
L'abbé de Gondi ! mais c'est un vrai diable que ce pelit abbé. 11 a à peine l'âge de recevoir les ordres , et voici son troisième duel de ce mois.
DE SUZE
Que voulez-vous? c'est un cadet de famille. Il a endossé la soutane malgré lui , et il se bat pour qu'on la déchire». Eh ! justement le voici.
DE BALAGNIER.
Par la messe ! il est fou. Venir au Louvre le soir, après avoir aidé le matin à tuer le neveu du cardinal !