‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 105 sur 162 · LUIT · texte numérisé non relu

LUIT

Je n'en reviens pas ! et tout ce peuple si spirituel, si logicien , si plein de bon sens , se soumet ainsi tète baissée à la philosophie, c'est-à-dire , comme je l'ai publié cent fois, au charlatanisme, à la mauvaise foi , à la contradiction, au mensonge, au pour, au contre , au oui et au non en toute chose ,

(1) Rapport officiel de M. Cousin. Cité par V Univers, n* 851.

2o3 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

à l'obscur, au faux, à l'absurde! (1) Il vous livre, 'm'avez-vous dit, son esprit, son cœur, son âme, son corps, son être tout entier, à vous, philosophes, à votre athéisme, à votre scepticisme sans règle et sans frein , avec plus de docilité qu'il ne les soumettait autrefois à l'Église.

l'autre.

Avec plus de docilité, sans aucun doute ; jamais l'Eglise n'a poussé si loin que nous sa domination. Elle ne s'occupait, dans sa surveillance en matière d'enseignement et dans sa censure des livres, que de sauvegarder son dogme et sa morale, laissant pleine liberté dans tout le reste , tandis que notre suprématie, à nous, s'étend sur tout, sur les dogmes comme sur la morale, sur les lettres comme sur les sciences, sur les langues comme sur l'histoire, sur les méthodes comme sur les prononciations ; nous sommes les éditeurs exclusifs de tous les livres classiques, des évangiles, même des alphabets.Tout s'incline devant notre souveraine juridiction et notre science universelle. Bien plus , cette grande et sublime nation , cet excellent peuple français nous émarge chaque année, sur ses budgets de toute sorte, les millions par centaines, pour que nous voulions bien nous charger et prendre soin de sa conscience, de sa raison , de ses opinions, de ses mœurs , de sa liberté ; et de père en fils ,

(1) Voyez les discours de Rousseau sur les sciences et Its arts, sur l'inégalité, et sa profession de foi elle-même. pag. 1S et su'n-

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