PREMIÈRE PARTIE
vitudes savamment combinées, voit ses efforts incessants atténués , paralysés , presque anéantis. La force de son ascendant, de sa divine autorité, lutte encore , comme un profond souvenir , dans les masses, dont, pendant quinze siècles, ses ineffables mystères ont pénétré jusqu'au sang; mais chaque jour, on sent ce souvenir baisser, s'effacer, s'éteindre comme une lampe sans aliment ; chaque jour, on sent son action s'évanouir, comme celle d'un levier sans point d'appui ; et l'on voit les populations , d'hommes surtout et dans les meilleures cités, lui échapper, pour se ranger sous quelqu'une des formes du communisme.
Les mesures préparées pour bannir des écoles des filles jusqu'aux maternelles auxiliaires que l'Eglise de France y avait conservées par les plus grands sacrifices (la reconnaissance passive, entre autres, de la suprématie de l'état, en matière d'enseignement), menacent de faire marcher de pair, dans l'un et l'autre sexe des campagnes et des villes, la corruption et l'anarchie d'une impiété sans frein , comme depuis longtemps l'avaient annoncé les habiles placés à la tête de la conspiration anti-sociale. Les ténèbres grossissent, s'élargissent, s'épaississent de toutes parts ; l'atmosphère pèse lourde sur les poumons oppressés, et plus d'un éclair annonçant la foudre et la tempête, ont déjà sillonné la nue.
Qui donc rendra aux esprits les croyances et la foi?
Qui donc redonnera aux cœurs la morale positive et les généreuses vertus qui marchent à sa suite ?
— L'état ?
Mais l'état, nous venons de frémir à la démonstration, n'a ni autorité, ni mission en pareille matière, et l'incontestable expérience d'un siècle entier, et des vingt dernières années surtout, est là pour l'attester, à défaut des démonstrations logiques, aux plus aveugles et aux plus impies, par des faits lamentables.
Mais c'est de l'autorité, une autorité souveraine comme Dieu, qu'il faut pour inculquer des croyances , enseigner et faire pratiquer la morale , rasseoir la société sur ses fondements ébranlés. Mais c'est une grâce toute-puissante de mission divine qui est nécessaire pour toucher les cœurs et incliner les esprits.
— La philosophie?
Mais les faits encore ici en disent plus que les discours. La philosophie, c'est l'anarchie systématisée. C'est elle qui a créé parmi nous , nourri et propagé le communisme. Nos démonstrations sur ce point encore ont été poussées jusqu'à l'évidence ; et l'appui que l'état a donné à la philosophie , en la couvrant de son nom , en l'engraissant de l'or de nos budgets, n'a servi qu'à donner à L'anarchie, à la dissolution convulsive de tous les liens, l'extension et les proportions fatales qui secouent et agitent le monde, et font pencher vers les abîmes les sociétés les mieux affermies.