PREMIÈRE PARTIE
De quelque côté que les peuples malades se retournent, sur ces sentiers âpres et désolés, ils ne rencontreront, c'est une loi qui n'a jamais failli, que le despotisme et l'anarchie, ou la barbarie et la mort.
Force est donc d'interroger les anciennes voies, et d'en revenir enfin et franchement A L'ÉGLISE :
A LA LIBERTÉ DE l'ÉGLISE , A LA LIBERTÉ DE SON
culte , à la liberté de ses enseignements , par les langues et par l'histoire , par la littérature et par les sciences, sans suspicion et sans entraves. Est-elle donc une étrangère , elle qui a fait notre belle France comme les abeilles font une ruche ? Est-elle donc une inconnue, elle dont les droits de cité, dans l'univers entier et sous toutes les formes de gouvernement , ont été acquis par dix-huit siècles de bienfaits, de vertus, de sacrifices et d'incomparable civilisation ?
Elle seule a reçu de celui à qui tout appartient , et qui seul peut la donner, la mission d'enseigner tous les âges, toutes les conditions, tous les peuples, avec la certitude de ne pouvoir jamais errer.
Elle seule a une autorité incontestable et absolument souveraine, à offrir à toute raison de bonne foi ; une autorité de dix-huit siècles; une autorité démontrée divine, et par cette durée, et par une multitude de faits évidemment au-dessus de toutes les forces humaines.
Nul peuple , quelque décrépit que les passions ou les révolutions l'aient fait, ne l'a admise à la li-
2 2b LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
bre pratique , sans sentir , sous sa douce et persuasive action, une nouvelle vie circuler dans ses veines, avec toutes les mâles et généreuses vertus qui font les grands hommes, les grands peuples et les grandes choses.
Au XIe et XIIe siècle, par la seule influence de l'Eglise, dit un auteur contemporain, chaque commune en France avait son école gratuite ; tous les grands centres , des écoles supérieures célèbres dans toute l'Europe; nos livres surpassaient en nombre et en mérites ceux de tous les autres pays; nous marchions à la tête des plus magnifiques progrès, de la civilisation la plus resplendissante; et le jour qui, de la France, s'étendait sur le monde entier, n'avait rien de semblable aux feux livides de l'incendie ou de la tempête: c'était la douce et fécondante lumière d'un soleil pur et serein (i).
(1) « Si les écoles, » ditFrédéric Hurter, traduit par Jean Cohen, bibliothécaire à Sainte-Geneviève, « si les écoles tiraient évidemment leur origine de l'Église, et si c'était pour l'Église qu'elles avaient été établies ; si , par conséquent , tout ce qui a été fait dans ce siècle, par rapport aux sciences, avait sa source dans l'Église, il existait pourtant encore d'autres écoles, indépendamment de celles des cathédrales et des couvents. L'abbé Guibert de JNogent assure que, de son temps (XIIe et XIIIe siècle), il n'y avait pas en France une ville ni même un bourg qui ne possédât une école, où les personnes mêmes de basse extraction pouvaient se faire instruire . et c'est peut-être pour cette raison que la France fut appelée la contrée riche en écrivains, Gal/ia scripforibus dires. Des auteurs modernes ont, non-seulement soutenu, mais encore démontré que, depuis le temps de Cliarlemagne , aucun siècle ne produisit un nombre aussi incroyable d'hommes versés dans les sciences que le