‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 12 sur 162 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Qui ? — les croyances religieuses , Ja seule et suprême autorité de Dieu: la religion. «Je n'entends pas qu'on puisse être vertueux sans religion , dit Rousseau; j'eus longtemps cette opinion trompeuse , dont je suis bien désabusé. »

Qu'on examine, qu'on se rende compte, qu'on réfléchisse tant que l'on voudra; non-seulement il est impossible, sans croyances et sans principes communs, sans l'idée de droits et de devoirs obligatoires pour tous , de constituer et de maintenu une société quelconque , mais il est impossible même de la concevoir dans ses éléments les plus simples.

Or , si la religion est d'une telle nécessité pour l'homme et la société , elle ne peut pas être une » erreur , le résultat du mensonge , de la violence ou de la fraude. L'erreur , la fraude , la violence, sont des désordres, et le désordre ne peut être la base de l'ordre et de la société.

La religion (ouïes droits et les devoirs), ne vient donc pas , ne peut donc pas venir des hommes ; elle a donc pour auteur Dieu seul, Dieu, créateur de tout ce qui existe , et par conséquent , seul maître souverain de l'homme , de l'univers et de tout ce qu'il renferme.

Le devoir , du reste, est un sacrifice ; c'est le plus ordinairement une loi d'immolation ; impossible d'en trouver la raison ailleurs que dans Dieu ou dans une autorité créatrice , souveraine , et par conséquent, infiniment supérieure à l'homme.

S'immoler, se sacrifier pour son égal ou pour le plus grand nombre, courber seulement son intelligence devant lui, est absurde; c'est l'anéantissement de la liberté et de la dignité humaine.

Le devoir, pour être obligatoire, le droit, pour exiger le respect, doivent donc descendre de Dieu, prendre leur source et trouver leur sanction dans une religion qui vienne de Dieu , dans une religion par conséquent, révélée , positive, s'appliquant à la vie entière de l'homme et à toutes les conditions, pour les régler souverainement; dans une religion, dont la révélation divine et les infaillibles enseignements soient fondés sur des faits démontrés, certains, et incontestablement au-dessus des forces humaines.

Dans une telle religion , et dans elle seule, droits et devoirs trouvent à l'instant même un fondement inébranlable. Le pauvre devient égal au riche, l'ouvrier à celui qui l'emploie, l'individu à la majorité, le sujet au prince. La loi est la même pour tous, et elle n'est plus que l'image de la justice de Dieu, devant qui tous les hommes sont égaux. L'homme, en s'inclinant devant une telle autorité, se relève et se grandit. Il y a dignité, il y a liberté, — dignité et liberté qui touchent à l'infini, — à m courber que devant Dieu seul, devant l'éternel et l'infini. Il pressent même qu'une telle autorité ne commande pas l'impossible; et une persuasion intime, suave , dont il ne peut pas plus se dépouiller que de sa conscience, l'assure que force et cou-

Page 1