‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 130 sur 162 · VOIR TEMPOREL EST L'ARBITRE , LE TUTEUR , LE · texte numérisé non relu

VOIR TEMPOREL EST L'ARBITRE , LE TUTEUR , LE

« PONTIFE DE TOUTES LES SECTES QUI COE- « XISTENT EN FRANCE. Cela est bizarre, n'est-il « pas vrai? que l'état soit à la fois LE GRAND- « PRÊTRE DES CATHOLIQUES, DES PROTES- « TANTS, DES JUIFS, SANS OUBLIER LES 3MU- « SULMANS DE L'ALGÉRIE. Napoléon, au Caire a et à Rome, n'était-il pas le type vivant de cette « faculté encyclopédique de l'état dans l'ordre reli- « gieux? Au nom de la tolérance, de l'ordre public , « de l'intérêt supérieur de la civilisation , L'ETAT « A PRIS ET REÇU L'INVESTITURE DE CE SA- « CERDOCE. C'est donc a lui de GOUVERNER , « SELON LA LOI tempérée par la mansuétude de « nos temps , LES ÉGLISES DIVERSES DU « ROYAUME. C'est là un gallicanisme plus grand « que celui de Louis XIV: C'EST LE GALLICA- « NISME DE 1845! »

Le National est allé plus loin encore, en proclamant, au mois de septembre 1848, ces espèces d'aphorismes : « Malgré les dénégations des sacristies, « la loi théologique est dépossédée , et LA LOI CI- « VILE S'EST FAITE DOGME A SON TOUR

« LES CONSTITUTIONS SONT LES CODES R£- « LIGIEUX DES TEMPS MODERNES ; » ou, en d'autres termes, nous sommes maîtres et des âmes et des corps; il n'y a plus d'autre religion, plus d'autres lois que celles que nous faisons, nous et nos amis, et que nous imposons à tous!

Or, le communisme , c'est la direction, l'organisation par l'état de toutes les propriétés. « Dès « que ïètat devient le grand et unique organisateur « du travail ou de l'industrie, disait naguères M. de « Tocqueville à l'Assemblée nationale (séance du « 12 septembre), vous arrivez au communisme. Le « socialisme, c'est la confiscation de la liberté « humaine au profit de l'état ; c'est une formule « de la servitude. PARTOUT OU VOUS TROUVE- « REZ CE SENTIMENT, VOUS TROUVEREZ LE « SOCIALISME. » Mais rien n'appartient plus en propre à l'Eglise catholique, que les ministères sacrés que lui a confiés, en vertu de sa toute-puissance, le Fils de Dieu fait homme, Jésus-Christ. Aucune propriété n'est plus légitime , plus sainte , pour l'homme prêtre, pour le prêtre citoyen, que son sacerdoce et le droit d'enseigner la religion et d'administrer les sacrements sous la seule suprématie de son évêque. Aucun droit n'est mieux établi, n'est plus divin que le droit des évêques de régir et gouverner librement leurs diocèses, sous la seule, souveraine et universelle primauté de juridiction et d'honneur des vicaires de Jésus-Christ, successeurs de saint Pierre. Aucun droit n'est plus sacré ,

plus naturel, plus inaliénable que le droit des citoyens catholiques à être ainsi gouvernés dans les choses spirituelles et appartenant au salut. C'est leur foi, c'est leur conscience!

Et quelle est donc, sur la terre et chez tous les peuples , la propriété qui puisse être comparée à cette propriété, pour la dignité, pour la valeur, pour la légitimité, pour l'importance dans les intérêts de l'homme, comme dans les intérêts de la société? Quel est donc, dans le monde, le droit supérieur ou antérieur à ce droit ? Je dirai plus, quel est donc le droit , quelle est donc la liberté qui puisse se passer de ce droit et de cette liberté, et leur survivre longtemps, quand ils sont anéantis?

Les états, en s'emparant,par la ruse et la violence, de cette propriété des propriétés, de ce droit des droits, ont donc donné l'exemple le plus brutal , le plus contagieux , le plus anti-social exemple du communisme ; ils ont ébranlé jusque dans leur fondement tous les droits, toutes les propriétés ; et il est logiquement impossible qu'ils ne s'écroulent pas bientôt tous à travers des flots de sang et les déchirements de la plus convulsive anarchie, si l'on ne s'empresse de reconnaître et d'affranchir celui qui leur sert de base, et sans lequel tous les autres ne sont rien. Si l'état a le droit d'être le GRAND-

PREÏRE DE TOUTES LES RELIGIONS , LE MAITRE SOU- VERAIN DE TOUS LES CULTES, POURQUOI n'aURAIT-IL

pas, et a PLUS FORTE RAISON, 11 DROIT DÏ> TRE LE GRAND PROPRIÉTAIRE DE TOUT 1 Ë

SECONDE PARTIE. Gi)

TERRITOIRE ET DE TOUT LE COMMERCE FRANÇAIS, LE MAITRE SOUVERAIN DE TOUTES LES TERRES, DE TOUTES LES MAISONS ET DE TOUTES LES INDUSTRIES ?

— Je ne comprends pas, disait naguère un aspirant DIRECTEUR AU MINISTÈRE DES PROPRIETES, à

un ex-directeur au ministère des cultes, grand partisan de toutes les doctrines qui en sont les conséquences, je ne comprends pas qu'avec un esprit élevé , comme est le vôtre , vous ne voyiez pas la connexion étroite, intime, logiquement inséparable, qui existe entre l'état directeur suprême des cultes, et l'état directeur souverain de l'industrie et des propriétés , et qu'admettant, comme tout à fait rationel et nécessaire à l'ordre social temporel et à la tranquillité publique, un ministère des cultes, vous rejetiez comme anti-social un ministère du travail et des propriétés.

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