‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 15 sur 162 · PREMIÈRE PARTIE. 3j · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 3j

sur moi, et sur tout ce qui existe, que les droits du Dieu tout-puissant que je ne puis contester sans folie; lui seul est le Seigneur, ou le maître souverain ; c'est lui qui nous a faits, et non pas nous qui nous sommes faits nous-mêmes. Le bien de mes frères est le bien de Dieu ; il m'a défendu d'y toucher; mon corps même, et ce qui m'appartient le plus étroitement, n'est à moi que dans la dépendance de Dieu : je ne puis en user contre ses ordres. Je me prosterne devant cette souveraineté divine; je l'adore , et imposant silence à la cupididité, à la luxure , à l'égoïsme , je souffre et je meurs, s'il le faut , pour le Dieu qui m'a créé.

Mais ôtezDieu ; arrachez de mon esprit, à force de sophismes, l'idée de son souverain domaine sur moi et sur toute créature ; répétez sur tous les tons et sous toutes les formes qu'il n'a point parlé aux hommes , que sa religion est une invention des prêtres, l'œuvre du mensonge, de la violence ou de la ruse; altérez et faussez toutes les histoires, distillez dans des romans infâmes le venin des plus noires calomnies, pour rendre odieux à toutes les conditions et cette religion et son sacerdoce; corrompez tous les cœurs par la peinture , par les théâtres, par tous les genres de séductions, afin que l'impiété y entre plus vite , et que les doctrines irréligieuses y fassent plus rapidement table rase de tous les sentiments qu'y avait déposés , en leur donnant son lait, une mère chrétienne, de toutes les idées d'ordre et de vertu qu'y avait se*

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mées le prêtre, auquel sa tendre sollicitude avait confié leur enfance, que deviennent les mœurs ? que deviennent les lois ? que deviennent la famille et la société? Mes penchants, mes convoitises, voila la loi suprême à laquelle je dois obéir sous peine de folie et des plus affreuses misères! Le mariage est un esclavage; la famille, les enfants, la plus rude et la plus inique des chaînes, qu'il faut s'empresser de briser. La licence la plus effrénée, voilà la nature, voilà la liberté!

Otez Dieu et sa loi sainte, quel honneur , quel respect, quel amour, quelle reconnaissance doisje à des parents qui n'ont concouru que malgré eux à mon existence, ou seulement pour satisfaire leur convoitise ? Le petit de la bête est son égal et ne lui doit plus rien , aussitôt qu'il peut se passer d'elle; et cependant, la bête a été fidèle aux luis de la nature, et n'a pas été hostile à ses petits des le commencement.

Otez Dieu et la rehgion , que deviennent toutes les lois de la famille, de Tordre et de la société ? Que deviennent les droits de propriété sur les terres, sur les maisons que vous possédez et dont vous ne jouissez peut-être qu'au prix de mes sueurs et de mon sang?

— Des lois'

— Je suis votre égal : quel droit avez vous de m'en imposer ?

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