PREMIERE PARTIE
C'était d'abord, sur mille tons et sous mille formes, le déisme et le rationalisme, ici, louant et exaltant tous les hérétiques, tous les sectaires, tous les ennemis de la religion et de la société, depuis les gnostiques et les carpocratiens jusqu'aux hussites et aux massacreurs de 93 , depuis Manès et Mahomet jusqu'à Robespierre; là, attaquant, insultant la religion, ses mystères , son culte et son sacerdoce ; ailleurs, blasphémant, mettant en doute, reniant tous les dogmes, toutes les croyances du christianisme, et jusqu'à sa morale elle-même.
C'était ensuite le matérialisme, le panthéisme et l'athéisme , secouant jusque dans ses fondements la société elle-même, justifiant tous les crimes par un scepticisme et un fatalisme sans frein, arrachant des consciences jusqu'à la crainte des châtiments d'une autre vie, jusqu'à la croyance en Dieu, jusqu'à l'instinct de sa propre conservation , jusqu'au sens moral lui-même.
Les preuves de ces accusations, nous les avons portées au grand jour de la publicité et de l'évidence dans Le Monopole universitaire , destructeur de la religion et des lois , et le monopole lui-même n'a pu y opposer, dans la Pœvue des deux mondes , que la signature d'un étranger, d'un de ses plus dévoués professeurs, poursuivi maintenant lui-même pour avoir, devançant la reconnaissance officielle du communisme, copié, puis volé et vendu à l'Angleterre, où il s'est réfugié, les manuscrits les plus précieux des bibliothèques publiques, où il s'était in-
troduit comme inspecteur ou comme professeur.(i) 11 suffira donc de reproduire quelques-unes de nos preuves , celles qui démontrent avec plus d'évidence que c'est l'état enseignant , l'état renversé par les journées de février, qui a dissous, surtout dans les générations actuelles , tous les liens sociaux noués par la foi et la religion , et posé dans tous les rangs l'anarchie des idées, et les causes de ce communisme qui menace la société d'une subversion totale, (i)
(1) Comme, dans cet article de la Revue des deux mondes, signé ltbrt, nous étions traité de faussaire par l'urbanité italicouniversitaire, il nous a suffi, pour lui faire garder sur la question de la liberté d'enseignement, un silence qu'il n'a plus rompu, de lui rappeler, par allusion seulement dans V Université jugée par ellemême, le nom d'un homonyme qui lui était bien connu, et dont on lit. dans la Biographie des Contemporains, l'article suivant :
« Libri Bagnano (le comte de), est né en Italie d'une famille « très-ancienne et très-connue en Toscane, à qui elle a fourni des '< hommes d'état distingués. Il vivait à Toulouse en simple parti- « culier, lorsqu'il y fut arrêté, en 1802, comme prévenu d'escro- « querie. Le procès fut instruit; mais la procédure n'ayant établi i aucune charge contre lui , il fut rendu à la liberté. Il n'échappa <■■ point, en 1816, à ds nouvelles accusations. Elles lui furent plus « défavorables encore , et il fut condamné par la Cour de Lyon , « comme coupable de faux en écritures de commerce et en négo- « dation d'effets. » (Biographie nouvelle des Contemporains , lom. xn, pag. 14.)
(2) Le programme de la réunion de l'Institut, sous la présidence et vice-présidence de MM. Dupont-de-1'Eure , Àrago, Garnior- Pagès, Bûchez, Paguerre, Cormenin, Marrast, proclame avec nous le même fait en ces termes :
« Le désordre qui éclate à cette lu ure dans la société française, « et celui même qui vient d'ensanglanter Taris, sont l'inévitable