‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 56 sur 162 · PREMIERE PARTIE. lin · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. lin

sacrements, et tout ce qui regarde l'Église et ses lois. On y cherche vainement le culte dû à la Sainte Vierge et aux saints, la Salutation angélique, et tout ce qui regarde la grâce et les peines de l'autre vie. Les définitions du péché originel , du péché mortel, du baptême, y sont essentiellement altérées, et presque tout le reste manque des développements les plus nécessaires. Aussi, dans une instruction préliminaire, l'ex-pair , l'ex-carbonaro, en assurant que son livre peut répandre partout, dans les écoles, une religion éclairée, recommande-t-il aux maîtres de s en tenir à faire apprendre par cœur aux enfants, et à leur faire réciter les réponses dans lesquelles est distribuée toute la doctrine chrétienne, selon la forme brève , simple et pleine d'autorité des catéchismes , mais de développer et d'appliquer aux divers caractères de leurs élèves et à leurs diverses vocations, les grandes maximes de la morale chrétienne, qui convient à toutes les créatures humaines, dans toutes les circonstances et toutes les positions. Nous verrons plus tard pourquoi cette prescription , et comment la partie dogmatique non expliquée s'accorde parfaitement avec le panthéisme de l'auteur et peut lui servir d'introduction, tandis que la morale, interprétée au gré de chaque maître et dénuée de toute sanction, ne peut que venir, à l'aide des passions, s'abîmer dans le matérialisme et le communisme fataliste.

Or , le comité central d'instruction primaire de Paris ne s'est pas contenté de recommander et

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d'adopter très-particulièrement, pour toutes les écoles de sa juridiction , le Livre d'instruction morale et religieuse de M. Cousin , comme avait fait M. le grand-maître Guizot, qui l'avait autorisé et envoyé à toutes les écoles communales de France; il l'a plan' encore dans le catalogue général des ouvrages qui doivent être donnés en prix , et hors duquel il n'est permis à aucune autorité ni à aucun maître d'en choisir, et il l'a placé le premier de tous, à la tète? des livres de religion, avant même V Imitation de Jésus-Christ, et la Doctrine chrétienne de Lhomond. Dans l'approbation imprimée à droite du catalogue, et répondant à ce livre, on lit: Pour les écoles de garçons, d'hommes, de fdles et de femmes ; tandis que l'Instruction pour la première Communion et pour la Confirmation (qu'on remarque bien ceci), n'est approuvée que pour les filles et les femmes; Y Explication de la messe, pour les filles, les femmes et les jeunes garçons , ainsi que la Doctrine chrétienne ; et la Journée du chrétien, la Quinzaine de pâques , les Visites au Saint-Sacrement , seulement pour les petites filles, (i) [Rapport du comité central de l'instruction primaire, à Paris , et catalogue à la fin. Année 1.8/40 et 1 84 r •)

(1) Nous avons lu quelque part, dans un journal, que l'état Louis-Philippe-Guizot faisait distribuer, aux frais des contribuables, 45 mille exemplaires par an du livre d'Instruction morale et religieuse de M. Cousin, avec 25 cent, de bénéfice pour l'auteur, sans compter ceux qui étaient achetés par les particuliers. Et qu'on vienne nous dire encore qu'il n'y avait pas sous l'état Louis-Pliilippe-Guizot , un complot arrêté «le décatholiciser la France!

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Dans le même catalogue de livres expressément prescrits pour la distribution des prix des écoles du peuple, on rencontre, entre plusieurs livres du même genre , les Entretiens sur la morale de maître Pierre, où on lit, comme résumant assez bien tout ce livre composé par un haut professeur : a Une tâche importante est accomplie; la conscience, « éclairée par la réflexion, nous a fait connaître la « nature de l'homme: sensible, intelligent et libre, « sa loi est de tendre au bien. Ce bien nécessaire , « universel, absolu , nous est révélé par la raison : « voila le principe de tous nos devoirs. Je ne cona nais au monde rien de plus sûr, de plus indestruc- « tible que ces hautes vérités devant lesquelles le « genre humain a toujours été à genoux. Les f'or- « mes extérieures des sociétés changent et se re- « nouvellent; les institutions civiles et politiques « s'altèrent ou se corrigent; les cultes se corrom- « pent ou s'épurent; mais les principes essentiels « de la morale (révélés par la raison), restent im- « muables au milieu de ces perpétuelles révolu- « tions.... (pag. 66.) » Le but de tout l'ouvrage est d'établir une morale sans religion , et l'on fait , dans les entretiens qui le composent et qui sont dirigés par un maître laïque, intervenir un curé, comme pour sanctionner cette œuvre absurde et impie.

« La raison, «dit également le Manuel des écoles primaires de M. l'inspecteur Matter, « est la loi sou- « veraine dans V homme, et la sensibilité , le prin- « cipe des sentiments et la règle de la morale.

« Tout ce qui flatte nos instincts physiques et satis- « fait nos appétits naturels, est bien; ce qui les con- « trame est mauvais.... Les meilleures écoles sont « celles de l'Ecosse, de la Hollande , de la Suisse et « de l'Allemagne, » c'est-à-dire, les écoles protestantes, (pag. 48. 45 et 47-)

Enfin, dans le Cours de cinquième (histoire), de M. Iiurette, on lit que « Jéhova (ou Dieu), n'était « (chez les Juifs), que T expression sublime de lapa- « trie, et que, dans le vaste plan de Moïse, la cité de « Dieu n'était pas distincte de la cité terrestre. » (pag. 1 16.) etc. etc. etc.

Mais voici une preuve de l'esprit de l'enseignement d'état plus frappante que toutes les autres , si effrayante pour des cceurs catholiques, qu'il la faut lire deux fois dans le rapport 1 840-1841 du comité central de Paris, pours'assurerqu'il n'yapas illusion.

« L'instruction morale et religieuse est donnée , » dit-il (pag. 66.), en parlant de la première écolo primaire supérieure de la ville de Paris, « par on « ecclésiastique, conformément aux vues du comité « central. Nous mettons sous vos yeux le sommaire « des leçons qui ont été faites. Elles constituent un « cours complet de morale, un exposé de tout ce « qui est devoir envers Dieu , envers les autres « et envers soi-même. Les belles paroles des grands « hommes de tous les temps, même quand ils s'ap- « pellent Caton et Rousseau {<\cwa suicides), sont « rapportées, commentées , présentées comme ob- « jets d'admiration et comme règles. Cet enseigne-

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